Colis Privé entre en Bourse : le « jeu » gagnant de Frédéric Pons

Laurence Bottero
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Ce 14 juin, l'approbation officielle du document d'enregistrement par l'AMF signe la première étape du projet d'introduction en Bourse de Colis Privé. Un premier pas qui signifie aussi que désormais plus rien ne sera tout à fait comme avant. Colis Privé, née en 1993, filiale de Hopps Group depuis 2017, a pris position sur le marché de la livraison de colis BtoC en pariant principalement sur la notion de service, en tentant d'améliorer constamment les délais de livraison. L'essor du e-commerce, évidemment, constitue à la fois un marche-pied et l'occasion de se distinguer. La livraison en J+1 ou e J+2 en faisant mieux que son principal concurrent, La Poste, lui font gagner des parts de marché. Et surtout, lui apporte de la crédibilité et donc la confiance d'acteurs qui comptent dont Alibaba, SFR, AliExpress, Fnac Darty, DHL, Haribo, Free... tout en revendiquant un portefeuille de 200 clients, petits ou grands.
Une nouvelle aventure commence donc pour l'entreprise mais aussi et surtout pour Frédéric Pons. La Bourse n'est pas, il y a encore quelques mois, une préoccupation, ni même un projet pour celui qui a co-fondé Hopps Group aux côtés d'Eric Paumier. Mais l'aventure - et c'est le mot juste - c'est précisément ce qui lui plaît.
Et ne pas être là où on l'attend, ça ne lui déplaît pas davantage. « Ma mère est juive et mon père communiste, CGTiste défendant la classe ouvrière. C'est dire si le tiraillement m'habite », souligne-t-il entre humour et ironie. C'est même précisément « ce qui me mène depuis toujours ». Un BTS en poche, le voilà chez Kraft Food, puis chez Mars, avec des fonctions marketing. Il y reste 12 ans. A 32 ans, parce qu'il a envie de plus, retour à la case études et MBA. Retour ensuite dans l'alimentaire, chez Ducros et Vahiné.
Mais le virus de l'entreprenariat lui fait tout quitter. Commence ensuite l'aventure Adrexo puis Hopps Group. Une aventure dans laquelle il embarque avec Eric Paumier. Un duo pas toujours d'accord mais c'est justement ce qui fait sa force, l'un PDG, l'autre directeur général délégué, l'un sur le devant de la scène, l'autre dans les coulisses. « Notre duo fonctionne car c'est plus qu'une histoire d'associés. Nous ne partageons pas toujours le même avis mais de grandes valeurs communes. Eric veut être capitaine d'industrie, moi j'aime le jeu avec enjeu », raconte Frédéric Pons. Pour une philosophie partagée, faite d'audace et d'agilité.
Laurence Bottero