La région Provence-Alpes-Côte d’Azur, première sur le tourisme industriel
Maëva Gardet-Pizzo
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Photo d'illustration
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Eloi Monod est céramiste. Dans les années 1950, ce Ciotaden débarque à Biot pour travailler dans la poterie qui est une spécialité de la ville. Il ne compte pas y rester très longtemps. C'était sans compter sur le charme de la fille du potier dont il tombe amoureux. Il ne repartira donc pas de si tôt.
Ce qu'il aime aussi, bien qu'il soit potier en terre de poterie, c'est le verre. Et plus particulièrement par « sa transparence et ses défauts », raconte Anne Lechaczynski, patronne de la Verrerie de Biot. Parmi ces défauts : les bulles qui peuvent accidentellement s'y introduire. Elles le fascinent tellement qu'il met au point un procédé permettant d'en obtenir à volonté grâce au bicarbonate de soude. Les bulles constitueront, avec la couleur, l'identité de la Verrerie de Biot, qu'il fonde en 1956.
Dès le début, Eloi Monod fait le choix d'ouvrir son atelier au public. « C'était assez rare à cette époque. L'artisanat était un monde qui évitait de dévoiler ses secrets ». Sur la Côte d'Azur, les musées ne sont pas encore nés et l'offre culturelle est encore maigre. La Verrerie de Biot fait donc figure d'exception, attirant tous les grands artistes de passage au festival de Cannes. « Les premiers clients étaient Lauren Baccal et Gregory Peck. Ils ont transporté notre savoir-faire partout dans le monde». Aujourd'hui, la Verrerie de Biot est l'entreprise la plus visitée de France avec 600 000 visiteurs accueillis en 2019.
Pionnière au même titre que les parfumeries de Grasse -Fragonard accueille du public depuis 1929-, elle a ensuite été rejointe par d'autres entreprises désireuses de dévoiler leurs coulisses, dans des domaines variés allant de l'agroalimentaire aux cosmétiques en passant par l'énergie ou les transports. Marius Fabre est de celles-ci.
Créée il y a 120 ans, la savonnerie salonnaise qui a traversé quatre générations décide d'ouvrir ses portes en 1996. « Au début, on a choisi d'ouvrir pour des Journées du Patrimoines», se rappelle Julie Bousquet-Fabre qui codirige aujourd'hui la savonnerie avec sa sœur. « Les gens avaient soif de découvrir la fabrication traditionnelle. Ça a été un tel succès qu'on a continué. Ma mère a programmé et organisé des créneaux de visite réguliers. Elle a remplacé une partie des bureaux par une boutique qui n'a cessé de grandir pour occuper aujourd'hui tout les rez-de-chaussée ». Soit 150 mètres carrés. S'y ajoute en 2000 un musée - « le premier dédié au savon de Marseille »-. Puis en 2013, alors que Marseille Provence est sacrée capitale de la culture, la savonnerie Marius Fabre fait le choix de rendre gratuites ses visites. Un coup d'accélérateur. « On est passé d'un peu moins de 1000 visiteurs annuels à 35 000 avant la pandémie ».
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