EMM Maroquinerie fait le pari de la slow fashion
Maëva Gardet-Pizzo
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Photo d'illustration
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Emmanuelle Aubert a toujours eu un penchant pour les métiers manuels et les matériaux nobles tels que le cuir. Mais c'est vers des postes de chargée de production, de qualité et d'achat textile qu'elle s'oriente dans un premier temps, au sein d'entreprises de prêt-à-porter telles qu'American Vintage, séjournant quelques années en Chine.
Puis un bébé arrive, et avec lui toute une remise en question. Emmanuelle Aubert a alors envie de se lancer dans un nouveau projet. Un projet qui lui offre plus de liberté et qui lui permette de combiner son goût du travail manuel avec ses convictions environnementales grâce à un approvisionnement qu'elle juge plus responsable. « J'avais envie de tout faire de A à Z », dit-elle. « De la conception à l'emballage en passant par l'approvisionnement ou les finitions ».
Pour ce faire, elle se forme auprès d'un cordonnier et d'un artisan du groupe Hermès, ce qui lui permet d'étoffer son réseau et de se voir ouvrir les portes des grandes maisons qui mettent à sa disposition leurs chutes de cuirs. Ce qui exige une certaine capacité d'adaptation. « Il faut s'adapter aux finitions, au cuir, à l'épaisseur, à la rigidité, à la souplesse ... ». Mais c'est aussi une manière d'offrir des produits dont l'aspect se distingue de ce que l'on trouve par ailleurs sur le marché.
Pour proposer des sacs et accessoires différenciants, elle fait le choix de se concentrer sur une gamme restreinte, valable en toute saison, de jour comme de nuit. Avec néanmoins des possibilités de personnalisation au travers d'une quinzaine de couleurs disponibles. « On peut aussi choisir le type de cuir que l'on veut ».
Pour se lancer, Emmanuelle Aubert s'équipe et intègre la couveuse Potentielles destinée à soutenir l'entrepreneuriat chez les femmes. « Je l'ai choisie pour son côté responsable. C'est un soutien sur tous les aspects juridiques et comptables ». Et aussi une vitrine puisque la couveuse comprend un espace de démonstration. Mais l'essentiel des ventes est réalisé sur le site internet de la marque, avec d'importants flux en provenance d'Instagram où de plus en plus de femmes sont à la recherche de produits combinant originalité et éthique. « Je sens qu'il y a une très forte demande de produits fabriqués en France voire à Marseille, faits à la main, rares, qu'on ne trouve pas dans la grande distribution ». Une tendance accentuée par l'épidémie qui a, paradoxalement, restreint les opportunités de sortir et donc les dépenses pour ce type de produits.
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