Les Fabricoleuses : un collectif d’artisanes pour féminiser les métiers du bâtiment
Maëva Gardet-Pizzo
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Pendant longtemps, les femmes ont été exclues des métiers du bâtiment. Des professions jugées trop « physiques » pour elles, peu en phase avec leur supposée délicatesse. Mais les combats pour l'égalité d'opportunités entre hommes et femmes a fait son œuvre, infusant le milieu. En témoignent les campagnes en faveur de la féminisation de ces métiers, menée par la Fédération française du bâtiment dès le début des années 2000. Tant et si bien qu'en 2018, 12,3 % des travailleurs du BTP étaient des travailleuses. C'est bien mieux qu'avant. Mais c'est encore peu. La faute aux préjugés sur ces métiers, aux stéréotypes de genre qui persistent, et à l'autocensure des femmes qui en découle. C'est pour accélérer le processus que Cerise Steiner pose le 8 mars 2021 la première pierre d'un collectif d'artisanes : les Fabricoleuses.
L'idée naît sur un chantier où Cerise Steiner est présente en tant qu'architecte d'intérieur. Là, un plombier se réjouit de travailler avec elle, plutôt habitué à collaborer avec des hommes. Il lui souffle son envie de s'associer à une plombière, et regrette que ce type de profil soit si difficile à trouver. A l'image des 70 % de travailleurs du bâtiment se déclarant favorables à une féminisation de leurs métiers.
Ni une ni deux, l'architecte fait appel à son réseau pour s'associer à des artisanes de tous les corps de métiers. Le 8 mars 2021, elles sont huit. La société Les Fabricoleuses, créée l'été suivant, se positionne comme une apporteuse d'affaires. Elle met en valeur les artisanes qui, en échange, lui versent une commission en plus de leur adhésion de départ. Entre elles, un principe phare, sorte de boussole morale : la sororité. « Nous ne nous revendiquons pas comme un collectif militant ou féministe en tant que tel mais l'entraide entre femmes est au cœur du projet. Toutes s'appellent, se font travailler les unes les autres. Cet été, Lisa, notre architecte d'intérieur, était sur un chantier. Le client voulait une table en bois. Elle a appelé notre chineuse qui en a trouvé une. Mais elle était abîmée donc noter ébéniste l'a réparée ».
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