Safranière de Provence veut s’inscrire dans la relocalisation de la culture de safran
Maëva Gardet-Pizzo
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
DR
Maëva Gardet-Pizzo
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
DR
Il fut un temps où l'on y cultivait des oignons, des pommes de terre, des melons ou encore de la vigne. Puis avec le temps, cette parcelle de 2 hectares à Saint-Cannat a cessé de produire. Elle est devenue une friche gardée entre les mains d'une famille. Jusqu'à reprendre vie l'été dernier.
Caroline Ricard avait depuis quelques temps l'idée de reprendre les terres de son grand-père. De les cultiver selon des principes respectueux de l'environnement. Restait à savoir quoi cultiver. Les confinements successifs donnent à Caroline Ricard et à son compagnon Guillaume Catoni le temps d'y réfléchir jusqu'en mai 2021. Leur choix est fait. Ce sera le safran.
Relativement fréquente il y a encore un siècle, la culture de safran s'est raréfiée avec le temps. Bien que le crocus sativus - la fleur dont le pistil constitue le safran- soit peu gourmande d'eau et s'adapte à des terres argilo-calcaires partout dans le monde, il fait l'objet d'une maladie, le rhizome, qui nuit à sa rentabilité et qu'on sait encore mal prévenir. Par ailleurs, la culture de safran se fait à la main et n'est pas du tout mécanisée. Avec le temps, elle devient alors l'apanage de pays où la main d'œuvre ne coûte presque rien, comme l'Iran où est réalisée 95 % de la production mondiale.
« Mais depuis une quinzaine d'années, la culture revient en France », observe Guillame Catoni. Et c'est dans ce courant que les deux exploitants décident de s'inscrire, convaincus du potentiel offert par cette épice.
« C'est un produit qui a de la valeur ». Et pas des moindres, puisqu'il s'agit de l'épice la plus chère au monde. « On peut espérer un retour sur investissement en 2 ou 3 ans ». D'autre part, les concurrents locaux sont encore rares. Il y a donc de la place. D'autant que la demande augmente. « Dans les tendances Google, il y a depuis quelques années une forte accélération des recherches concernant le safran », a découvert Guillaume Catoni qui travaille par ailleurs dans le secteur du numérique. Et comme tout produit alimentaire, on privilégie de plus en plus sa version locale.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Maëva Gardet-Pizzo