Comment la Pizza de Manosque veut faire perdurer sa marque
Rémi Baldy
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"L'année peut s'avérer charnière pour nous", prévient Philippe Leplomb. Le président directeur général depuis 2007 de la Pizza de Manosque voit 2022 comme une année pivot. Celui d'un marché en pleine évolution à l'heure où l'inflation sur la matière première touche toute l'économie. "Les négociations avec les distributeurs sont difficiles", confie le dirigeant. La PME bas-alpine de 90 salariés produit chaque année 3.000 tonnes de pizzas, son modèle économique se basant sur les ventes dans la grande distribution.
Mais dans un secteur sur lequel se trouve aussi des géants mondiaux, comme Buitoni ou Marie, les pizzas manosquines servent de variable d'ajustement. En clair, quand un distributeur commande moins de boîtes à une grosse marque c'est la Pizza de Manosque qui profite du vide pour remplir les rayons. "Nous essayons de nous positionner sur un produit premium car nous ne pourrons pas avoir les mêmes prix que les grands acteurs", explique Philippe Leplomb.
Pour réduire au maximum cet écart, le dirigeant vient de moderniser ses outils de production. A la clef, une pénibilité moins élevée et un gain de productivité de 3% grâce à la réduction des pertes. Aujourd'hui, le système de dosage de la sauce tomate par exemple peut en étaler plus que ce qui est demandé exactement. Les nouvelles machines seront plus automatisées, donc plus précises et plus modulables selon les besoins de taille ou quantité de certains produits. "C'est presque la précision d'un dessin", s'enthousiasme Philippe Leplomb. L'idée de cette montée en gamme lui est d'ailleurs venue lors de discussion, avant la crise sanitaire, avec Disney pour concevoir des pizzas spéciales. "Nous espérons relancer le dossier", glisse-t-il.
Ce type d'opération serait exceptionnel, car l'activité s'appuie sur les acteurs de la grande distribution. En plus des pizzas de Manosque, l'entreprise éponyme produit également en marque blanche. Cette dernière ne représente que 35% du chiffre d'affaires, mais 50% en volume, et cela pourrait doubler. Un changement radical qui est le fruit de la loi Egalim, qui vise à mieux rémunérer les productions, selon Philippe Leplomb. "Elle encadre les promotions sur les produits, mais pas lorsqu'il s'agit d'une marque distributeur", expose-t-il.
Rémi Baldy