Spécialiste des données 3D issues de la capture de la réalité, Cintoo s’étend à l’export
Gaëlle Cloarec
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Trois cent millions. C'est le nombre de mètres carrés numérisés par scan laser terrestre et téléchargés sur la plateforme Cintoo Cloud depuis son lancement, fin 2018. Un chiffre multiplié par trois en un an, répartis dans plus de 4.000 projets, qui illustre l'intérêt que suscite la start-up azuréenne qui vient de boucler son troisième tour de table, d'un montant de 5,3 millions d'euros, auprès des fonds Amavi Capital, Armilar Venture Partners, Accenture Ventures, UI Investissement et Région Sud Investissement.
Il faut dire que l'entreprise, créée en 2013 par trois chercheurs du laboratoire I3S (Informatique, Signaux et Systèmes de Sophia Antipolis), se positionne à la convergence des mondes de la Reality Capture et du jumeau numérique, et vient disrupter l'utilisation des données 3D, extrêmement lourdes, en les compressant de façon à les rendre parfaitement cloud compatible sans en altérer la qualité. Autrement dit : "Nous rendons les données 3D issues de la capture de la réalité disponibles de n'importe où, n'importe quand et pour n'importe qui", résume Dominique Pouliquen, son CEO. Une technologie qui intéresse plus particulièrement les secteurs du BIM, de la construction et de l'industrie, dont le dénominateur commun tient dans la volonté, voire la nécessité, d'avoir recours au jumeau numérique pour comparer la réalité d'un espace physique à son plan d'origine, et ainsi économiser de la ressource, du temps et des coûts importants. "Les applications sont multiples, reprend le dirigeant, tant dans la construction où il s'agit de vérifier que ce qui est construit est bien conforme aux intentions de l'architecte, que dans l'industrie, notamment manufacturière, dans le cadre d'opération de simulation, de retrofit, voir désormais de téléopération des sites industriels".
Si Cintoo revendique à ce jour 20.000 utilisateurs à travers 31 pays, c'est toutefois en Amérique du Nord qu'elle réalise la très grande majorité - 70% - de son chiffre d'affaires - non communiqué. La France, elle, ne représente que 4 à 5% de son activité. "Les pays anglo-saxons ont adopté depuis longtemps ces processus de dématérialisation. En France, c'est une tendance qui commence seulement à faire jour. Nous avons certes quelques beaux accords avec des grands de la distribution énergétique ainsi que des opérations pilotes avec des majors du BTP, mais nous n'en sommes pas encore au déploiement massif. Cela viendra plus tard, c'est un des objectifs de la levée de fonds". La somme récoltée, qui fait suite à deux opérations d'augmentation de capital conclues en 2017 (1,8 million d'euros) et en 2019 (1,5 million d'euros), servira en effet et en partie à bâtir "une vraie équipe commerciale et marketing". Réparti entre Miami d'une part, Sophia Antipolis (siège et centre de R&D) de l'autre, l'effectif va donc passer de 30 à 40 personnes d'ici à la fin de l'année, dont une poignée sera chargée de développer le marché français, européen (Allemagne, Espagne, Italie) et asiatique (Japon, Singapour), une fois la plateforme, aujourd'hui uniquement disponible en anglais, adaptée à la langue du pays visé.
Gaëlle Cloarec