Seul fabricant artisanal, comment la Voilerie phocéenne veut préserver son savoir-faire
Maëva Gardet-Pizzo
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Neuf heures, un matin nuageux de mars. Se dressant sur une petite anse, cachée entre le Palais du Pharo et la plage des Catalans, La Voilerie phocéenne s'éveille. Le rideau de fer est levé. Les salariés arrivent, suivis des premiers clients.
A l'intérieur, une petite salle accueille les visiteurs. Sur les murs, sont exposés divers accessoires d'accastillage ainsi que quelques sacs de navigation. Derrière : un grand hangar de 450 mètres carrés. Sur le parquet luisant, de jeunes salariés dessinent à la craie de grands triangles à partir de plans crayonnés sur du papier millimétré. Ils y déroulent ensuite des morceaux de Dacron - le matériau utilisé pour la confection de voile - qui seront découpés au ciseau.
« Une fois l'assemblage des différentes lèses réalisé, nous cousons des renforts à partir de tissus prédécoupés », explique Thibault Cordesse, qui dirige l'entreprise avec son père. La couture s'effectue à même le sol, à l'aide de machines que les salariés utilisent depuis une fosse dans laquelle ils s'asseyent.
S'ensuivront les finitions, les cordages et la pose de fixations pour que la voile puisse s'accrocher au mât. Le tout en prenant soin de donner à la voile les volumes adéquats, indispensable pour qu'elle joue son rôle de moteur à vent.
« Pour une petite voile, il faut compter environ une semaine de fabrication », estime Thibault Cordesse qui insiste sur un point : « Chez nous, un salarié fait une voile de A à Z. Comme chez Bugati ». L'entreprise fabrique ainsi une petite centaine de voiles par an, auxquelles s'ajoutent environ cinq opérations de réparation chaque semaine. « Nous sommes la dernière voilerie artisanale de Marseille ». Elles étaient pourtant une demi-douzaine lorsque Hervé Cordesse, le père de Thibault, a repris l'entreprise en 1979.
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Cette année-là, la société fête sa cinquième année d'existence. Il s'agit alors d'un chantier naval pour la réparation de bateaux en bois. Mais la concurrence est devenue rude. La ville voisine de la Ciotat se distingue dans ce domaine. Et la mondialisation fait entrer dans le jeu des fabricants de Chine et de Tunisie, où la main d'œuvre est bon marché.
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