Sakowin fait le pari du plasma pour produire de l'hydrogène vert
Rémi Baldy
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Impossible depuis plusieurs mois de passer à côté du phénomène hydrogène, cette molécule érigée comme la remplaçante "propre" des énergies fossiles. Cet engouement, bien alimenté par un plan d'investissement de l'Etat, met en avant de nombreux projets pour développer la production d'hydrogène. Parmi eux, Sakowin, dont le procédé se base sur le plasma plutôt que sur l'électrolyse. "C'est le seul moyen de produire en très grande quantité", défend Gérard Gatt, le président de l'entreprise née à Fréjus, dans le Var, mais dont le laboratoire se trouve à Aix-en-Provence, dans les Bouches-du-Rhône.
Car la différence entre plasma et électrolyse change beaucoup de choses. En effet, la production d'hydrogène vert se réalise via l'électrolyse de l'eau. Pour résumer, une impulsion électrique permet de séparer les atomes de l'eau (H2O) pour donner du dioxygène (O2) et du dihydrogène (H2). Autre solution largement utilisée, le vaporeformage de méthane (CH4) qui consiste à exposer le gaz à de la vapeur d'eau très chaude pour obtenir du dihydrogène mais cela crée aussi du CO2.
"Les solutions actuelles ne répondent qu'à une partie du problème", estime Gérard Gatt. Car selon lui, l'hydrogène vert par électrolyse est "énergivore et cher" alors que celui obtenu par vaporeformage a certes un coût réduit mais "avec du CO2". C'est la raison pour laquelle le dirigeant mise sur la pyrolyse, ou séparation d'éléments chimiques, par le plasma. Une méthode qui nécessite moins d'énergie et ne laisse que du carbone solide en plus de l'hydrogène. Une technique qui permet de réduire les besoins en électricité par au moins cinq assure Gérard Gatt.
Voilà pour le cours de chimie, mais pour ce qui est de l'aspect économique le processus n'est pas encore développé à l'échelle industrielle. Sakowin en est à l'étape du laboratoire. Toutefois, dire que sa solution, baptisée South Beach, intéresse est un euphémisme car l'entreprise a réuni neuf millions d'euros auprès de Bpifrance, de l'accélérateur du Conseil européen de l'innovation et de la Banque européenne d'investissement. Une levée de fonds est prévue pour réunir davantage de financement. Cela doit permettre de "financer la recherche & développement pour sortir le produit en 2025" avance Gérard Gatt qui compte aussi créer une usine capable d'atteindre les 400 unités annuelles à terme. Pour être compétitif, le dirigeant fixe à trois euros le coût du kilogramme d'hydrogène.
Rémi Baldy