Délicity, la plateforme de livraison équitable confirme son appétit de croissance européen
Gaëlle Cloarec
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Délicity, c'est un peu le David de la livraison de repas à domicile. Dans le secteur, les Goliath se nomment Ubereats, Deliveroo ou Just Eat et dominent le marché des plateformes de livraisons de repas à domicile. Une activité qui a explosé à la faveur de la crise sanitaire en dépit "d'une équation biaisée, inégalitaire" qui, finalement, pénaliserait tout le monde sauf la plateforme elle-même.
C'est, en substance, le constat tiré par les trois co-fondateurs de la jeune pousse, passés par la start-up azuréenne YouStock avant de lancer Délicity. "Les plateformes traditionnelles se rapprochent des apporteurs d'affaires et, à ce titre, prélèvent aux restaurateurs une commission de 36% TTC pour chacune des commandes. Or, dans n'importe quel business, à la deuxième transaction, le client n'a pas à repasser par cette case, sauf dans celui-ci, car le modèle de ces plateformes, en se plaçant au centre du jeu, anonymise les restaurants qui, à moins d'avoir leur propre pool de livreurs, ne peuvent donc que subir", explique Alexandre Aruchumian.
A cela, Délicity oppose un système qui vise à reconnecter les restaurateurs avec leurs clients en privilégiant le contact direct, le partage d'information. Et ce, en fournissant aux premiers une solution technique pour vendre des repas aux seconds, les livrer et proposer la réservation en toute indépendance. Le tout, sans commission, si ce n'est 1 euro pour frais de service en cas de livraison. Et ça, cela change tout. "En effaçant les 36% de commission, nous permettons à la valeur d'être mieux distribuée. Le livreur indépendant est mieux payé, entre 15 et 20% de plus, le restaurateur aussi, jusqu'à 47% de plus sur l'addition. Surtout, il redevient rentable et n'est donc plus obligé d'augmenter ses prix".
Évidemment, ce modèle économique, qui s'appuie sur un abonnement mensuel de 39 € pour les restaurateurs auquel s'ajoute l'euro symbolique par commande livrée, suppose un volume d'affaires important. D'où la levée de fonds conclue cet été auprès de business angels et d'investisseurs institutionnels pour accélérer le déploiement de la solution dans les principales métropoles et villes moyennes françaises. Supervisée par le cabinet Rise Partners, elle a permis à la jeune pousse d'obtenir une enveloppe de 700.000 euros.
Gaëlle Cloarec