Dirigeant du fabricant de produits laitiers Sacré Willy, Martin Guinchard fait de la formation permanente un outil qui sert le business
Rémi Baldy
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L'entreprise a beau être restée dans la famille depuis quatre générations, Martin Guinchard symbolise le mieux l'ancrage haut-alpin de Sacré Willy. Son arrivé au poste de directeur commercial en 2012 coïncide avec le déménagement de l'unité de production d'Aix-en-Provence à Tallard qui s'officialise deux ans plus tard. Mais pour Martin Guinchard, l'histoire a commencé bien avant. "Je dis souvent que je suis né entre deux bidons de lait car c'est l'image exacte de mes souvenirs de vacances ou de week-ends passés dans les ateliers", se remémore-t-il. Son arrière-grand père a fondé une première laiterie en Suisse, puis son grand-père est venu en France avant que son père s'implante à Aix-en-Provence en 2007. Un environnement laitier qui fait naître chez lui un attrait pour les desserts et l'évidence qu'il intégrera l'entreprise familiale. "J'ai organisé tout mon parcours dans la food", expose-t-il.
La lecture du curriculum vitae révèle un cursus très large avec une licence de chimie, un master dans l'arôme alimentaire, un autre en école de commerce ou encore un brevet de maître laitier. Il se décrit d'ailleurs régulièrement comme "bardé de diplômes". Une formulation "pour rigoler" car pour Martin Guichard tous ces apprentissages n'ont pas pour but d'exposer les fameux diplômes mais bien "d'acquérir toutes les clefs et outils" du métier. "S'ouvrir aux techniques et aux outils passe par la formation", résume-t-il. Mais aussi savoir ce qui lui convient ou non. En démarrant dans l'aromatique, il se confronte à ces "artifices" qui doivent donner du goût. Il y voit le fonctionnement de la grande industrie et son process de fonctionnement qui limite l'implication des salariés.
L'étude de la parfumerie se révèle comme un moyen de se confronter aux a priori. "J'ai voulu me mouiller à quelque chose qui ne me convenait pas pour découvrir les bons et mauvais points", raconte-t-il. Puis, c'est cette fois la corde de l'entrepreneuriat que Martin Guinchard veut ajouter à son arc avec l'ESSEC. Enfin, il rejoint de façon plus attendue l'école de laiterie suisse où sont passés son père et son grand-père avant lui. "L'objectif était d'avoir toutes les compétences pour diriger une entreprise à taille humaine, il faut savoir tout faire même si je ne fais pas tout", souligne le dirigeant.
Rémi Baldy