Les assistants virtuels de Mootion à la conquête de l’Hexagone
Gaëlle Cloarec
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Mootion veut aller vite, très vite. Chaque année, la start-up originaire du Var s'ouvre un nouveau marché. Le tourisme (ou l'hospitality) en 2021. L'edtech en 2022. L'industrie et la pharma en 2023. Il faut dire qu'avec ses bornes de communication sans contact, lesquelles permettent de naviguer dans un contenu personnalisé sans toucher l'écran, la jeune pousse basée à Toulon vise juste, tant sur le plan technologique que sur le volet applicatif. Elle ambitionne de devenir dans les deux ans le leader en France du segment des bornes tactiles et écrans dynamiques, un marché qui enregistrait un chiffre d'affaires (mondial) de 11,9 milliards de dollars en 2019, et prévoit de franchir le cap des 30 milliards de dollars en 2024.
"Nous sommes nés avec la Covid. De fait, notre mission s'est très vite imposée : proposer une nouvelle alternative de communication et d'interactions dans les lieux de vie, respectant les mesures sanitaires, pour mieux (re)vivre ensemble", explique Sibylle Sanchez, co-fondatrice avec Jonathan Bocquet et Thibault Mousset de la startup née en septembre 2020, spécialisée dans la conception et la mise en œuvre d'assistants virtuels. Lesquels ont nécessité un an et demi de R&D pour mettre au point un système unique et breveté d'interactions intelligentes basées sur la vision sur ordinateur et l'intelligence artificielle. Que Mootion s'attelle désormais à déployer, secteur par secteur.
Et c'est Moorice qui ouvre la marche. Premier produit à voir le jour (septembre 2021), il occupe la fonction de concierge virtuel et équipe déjà une dizaine de sites dans le grand Sud, des hôtels, un casino, et d'ici à la fin du mois de janvier, les quatre salons VIP de l'Aéroport Nice Côte d'Azur. Sa vocation ? Donner l'information qui va bien, relative au lieu d'implantation, d'une part, répondre à la recherche d'expérience de l'autre, les bornes étant équipées de jeux et d'un photobooth.
Le deuxième, baptisé Edooard et présenté en juin dernier lors de Vivatech 2022, prend la forme d'un coach virtuel, capable d'analyser le langage paraverbal (débit, volume, tonalité de la voix) et non verbal (langage du corps) afin d'évaluer et d'améliorer la prise de parole en public. Un domaine à mille lieux du premier, qui a rapidement trouvé preneurs : l'agence d'intérim Randstad, dans le cadre de son processus de recrutement, la RATP aussi, afin que ses agents s'entraînent à répondre sereinement quelle que soit la situation rencontrée, Orange enfin, pour démocratiser cette formation avec un outil disponible 24h/24 au sein de son siège.
Gaëlle Cloarec