Pourquoi, dans le Sud, les dossiers de surendettement sont en baisse
Rémi Baldy
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La Banque de France ne cache pas son étonnement. En 2022, 9.366 dossiers de surendettement ont été déposés en Provence-Alpes-Côte d'Azur auprès de l'établissement. Soit une baisse de 5,7% sur un an, après un rebond en 2021, et de 19,8% de moins sur la période 2019-2021. "Nous nous attendions à une hausse en 2021 et 2022", reconnaît Patricia Roche-Ramondy, responsable du service particulier au sein de l'antenne régionale de la Banque de France.
Un recul qui peut avoir plusieurs explications. D'abord une tendance de fond après le pic enregistré en 2014 mais aussi "les nombres mesures" prises par le gouvernement face aux crises successives rappelle Yvan Cordier, secrétaire générale de la préfecture des Bouches-du-Rhône. Du côté de la Banque de France on note également une évolution législative qui permet d'améliorer la procédure. Patricia Roche-Ramondy souligne d'ailleurs un traitement des dossiers "de façon pérenne". Dans 75% des cas, une solution dite "pérenne" est en effet trouvée.
La limite de l'exercice statistique est toutefois l'impossibilité de connaître le nombre de surendettés actuellement, les données ne donnent que le nombre de dossiers déposés chaque année. Et aucun suivi n'est obligatoire. Les personnes qui viennent demander l'aide de la Banque de France sont ainsi à 40% déjà venu déposer un dossier. "Nous pouvons apporter une réponse pérenne dans un premier temps, mais si la personne rencontre un accident de la vie deux plus tard il est amené à revenir chez nous", illustre Jean-Christophe Ehrhardt, directeur régional de l'établissement en Provence-Alpes-Côte d'Azur. Plus de la moitié des dossiers déposés le sont à la suite d'accident de la vie, comme une perte d'emploi ou un divorce par exemple.
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Dans le détail, les trois départements qui en reçoivent le plus sont les Bouches-du-Rhône (3.650) et le Var (2.332) et les Alpes-Maritimes (2.052). A eux trois, ils réunissent un peu plus 85% des procédures, soit environ la part de la population qui y vivent. L'endettement médian, hors immobilier, est de 18.428 euros dans la région avec en moyenne "six dettes par dossier déposé". Dans 57,3% des cas, le ménage vit sous le seuil de pauvreté. A noter que les actifs sont plus représentés que les inactifs (55,6%) et que les personnes en CDI représentent plus d'un quart des concernés (26,5%). C'est plus que les chômeurs (21,7%), les retraités (20,7%) et les sans emploi (11,7%).
Rémi Baldy