Spécialiste de la transmission d’actifs numériques, Legapass intéresse le secteur de l’assurance

Laurence Bottero
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Gérer une transmission, si l'on est « aveugle sur le patrimoine numérique » de la personne disparue, « c'est extrêmement difficile », indique Jean-Charles Chemin. Car si le sujet est délicat a plus d'un titre, c'est que dans le monde numérisé qui est le nôtre, avoir accès aux différents comptes et réseau sociaux n'est pas une démarche aisée. Bien moins qu'il peut y paraître en tout cas, emmenant à connaître des situations ubuesques et douloureuses parfois ainsi que le retrace le fondateur et président de Legapass.
Créée à Nice voici à peine plus d'un an, cette startup fait sienne la sauvegarde et la transmission sécurisée des actifs numériques et cryptographiques.
Gérer une succession d'un point de vue numérique oblige à avoir accès « à l'ordinateur, aux emails, au téléphone de la personne », explique Jean-Charles Chemin, pour autant avoir accès à tout ce qui relève du domaine financier - « comptes bancaires, comptes à l'étranger, neo-banques, cryptomonnaie... » mais aussi tout ce qui relève de la transmission des souvenirs, comme les photos.
Legapass est donc née de ce constat que rien n'existait véritablement pour anticiper et préparer cette transmission numérique. « Nous avons développé une technologie qui permet de sécuriser de manière infaillible, sur du très long terme, des identifiants, des mots de passe... Nous les mettons en sécurité, hors-ligne », explique Jean-Charles Chemin. « Nous les conservons et les transmettons ensuite, lors de la succession, à la famille ».
Car, et cela est moins su, les comptes qui demeurent sur les réseaux sociaux peuvent être piratés. Et on peut voir « un compte reprendre une activité que l'on ne maîtrise pas et cela est terrible », ajoute encore le fondateur de Legapass. Sans omettre ce qu'il peut aussi se passer du côté des cryptomonnaie, l'estimation de 20% des bitcoins perdus soit 100 milliards de dollars, une « valeur qui est détruite ».
Laurence Bottero