Médicaments : « L’Europe est une alternative sérieuse aux sources asiatiques » (La Mesta Chimie Fine)

Gaëlle Cloarec
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Pierre Giuliano
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LA TRIBUNE : Vous n'avez pas attendu la publication de la liste des médicaments à relocaliser pour vous pencher sur le sujet du Propofol. Qu'est-ce qui vous a motivé et où en êtes-vous dans le processus de fabrication ?
PIERRE GIULIANO : Le Propofol est un produit anesthésique intraveineux parmi les plus utilisés dans le monde. Son principe actif est produit par 3 fabricants. Aucun n'est français. Or, en 2018, nous avons réalisé que nous détenions les clés technologiques nécessaires à sa fabrication, notamment la maîtrise de l'utilisation du Propène sous forte pression et le savoir-faire de distillation fine. Nous avons donc investi 3 millions d'euros, la moitié en équipement, l'autre en R&D, pour mettre au point un procédé efficace et obtenu l'autorisation début 2022 de fournir ce principe actif aux laboratoires français et européens. Les 5 premières tonnes seront livrées cette année. Aujourd'hui, nous travaillons sur l'homologation auprès de la FDA, que nous déposerons fin 2023 pour attaquer le marché nord-américain dès 2024.
Avec ce premier produit catalogue, vous dérogez à votre modèle économique qui est de fabriquer à façon...
Le Propofol est en effet une exception dans notre modèle. C'est pour cela que nous nous sommes associés avec un partenaire spécialiste de la commercialisation des principes actifs pharmaceutiques, l'Allemand Midas, une référence mondiale en la matière. Nous restons ainsi concentrés sur la production qui va monter en puissance pour dépasser le 25 tonnes en 2025. L'objectif étant, à terme, d'atteindre les 60 tonnes par an et de devenir le n°2 mondial du sujet.
Pensez-vous réitérer l'expérience catalogue sur d'autres produits, dont ceux présents sur la liste de médicaments à relocaliser ?
Notre présence sur cette liste est le fruit d'un heureux hasard. Par ailleurs, celle-ci attise les appétits, notamment des gros faiseurs qui ont un certain savoir-faire pour aller chercher les subventions. Nous sommes minuscules à côté, avec nos 90 salariés et 26 millions d'euros de chiffre d'affaires, c'est pourquoi nous visons les produits de niche et avançons pas à pas. Mais rien n'est exclu. Il suffit de trouver le bon alignement des planètes.
Gaëlle Cloarec