En s’ouvrant le marché allemand de l’éclairage, le Groupe Ragni conforte son statut d’ETI

Laurence Bottero
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
DR

Laurence Bottero
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
DR
Il y a, dans la vie des entreprises, ce que l'on appelle des milestones. Autrement dit, des étapes structurantes, qui génèrent souvent un basculement, un avant/après. L'acquisition, annoncée ce début décembre de Hess, est de celles-ci. Car en intégrant le savoir-faire, les produits et les 110 salariés de ce fleuron industriel allemand, le Groupe Ragni s'ouvre non seulement les portes d'un marché qu'elle n'avait pas encore exploré mais aussi celles du statut d'ETI.
Devenir une entreprise de taille intermédiaire, c'est précisément l'un des objectifs qui figurait sur la feuille de route du groupe familial, présidé par Marcel Ragni.
Né en 1927, la PME est devenue l'un des acteurs majeurs de l'éclairage public, un secteur qui représentait selon une étude de l'association française de l'éclairage, 2,3 milliards d'euros en 2019 et qui, pour 2023, offre aux acteurs de l'éclairage extérieur, un taux de 6% annuel, selon Xerfi. L'éclairage qui bénéficie de facteurs de croissance en prenant part aux enjeux de ville intelligente, de ville verte, de sécurité et de préservation de l'environnement.
Et Ragni s'est précisément structurée pour accompagner les nouveaux besoins. Déjà en entrant, de façon majoritaire, au capital de Novéa Energie, fournisseur de solutions d'éclairage autonome à l'énergie solaire, en 2015. En 2021, en ouvrant son propre capital à Bpifrance et AfricInvest, précisément afin d'avoir le carburant, notamment financier, pour grandir encore, de façon organique et externe, et atteindre cette taille intermédiaire tant souhaitée.
À lire également
L'arrivée de Hess lui fait donc passer un nouveau cap. Elle lui offre des synergies industrielles notamment sur l'outil de production, dotant le Groupe Ragni d'une gamme de produits qu'elle ne possède pas et inversement, Hess bénéficiant des produits conçus par la Française. « Leur marque pourrait intégrer le marché français, nos produits pourront être adaptés au marché allemand », note Jean-Christophe Ragni, directeur général en charge de l'international, ravi également de bénéficier du poids de Hess sur son marché domestique. « Hess nous ouvre 80% du marché allemand », ce qui fait entrevoir encore d'autres perspectives de croissance, par effet de ricochet, notamment en Autriche et en Suisse alémanique. Un marché allemand que le groupe français ne visait pas particulièrement mais qui représente une opportunité qui ne saurait être ignorée.
Laurence Bottero