Accompagné par le CEA, Fluiidd permet le monitoring des tuyauteries industrielles
Rémi Baldy
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« Pourquoi les voitures sont-elles équipées de centaines de capteurs alors qu'il n'y en a aucun dans la pompe industrielle », s'interroge Mathieu Darnajou. Plus que de trouver la réponse à sa question, ce chercheur du commissariat à l'énergie atomique (CEA) a décidé d'essayer d'inverser le constat qu'il fait. Et de fonder avec Philippe Guenebaud une startup, baptisée Fluiidd, afin de démocratiser le monitoring d'écoulements industriels grâce à un scanner ultra-rapide.
La société a beau être toute récente - elle est officiellement créée début décembre - le projet a eu le temps de « maturer ». C'est en effet dès 2020 que Mathieu Darnajou se lance, après sa thèse, grâce notamment à l'appel à projet « jeunes docteurs innovants » de la Région Sud pour lequel il a été lauréat, ce qui lui permet alors de financer un an de son salaire. A cela, le CEA apporte son soutien, ce qui laisse à Mathieu Darnajou, davantage de temps pour effectuer ses recherches.
« Nous avions un instrument qui n'avait qu'une seule utilisation, celle de monitorer les accidents nucléaires. Mon objectif pendant trois ans était de faire en sorte que la technologie puisse répondre à une problématique de marché », raconte le dirigeant. Cette technologie se traduit par une petite électrode qui se place dans une canalisation, grâce à une excitation électrique Fluiidd parvient à constituer une image de la section dans laquelle se trouve l'électrode afin de vérifier la présence d'anomalies. Cela peut se traduire par des fuites, des mélanges ou des bourrages par exemple.
« Ces défauts sont invisibles et peuvent provoquer des casses ou de la surconsommation électrique », explique Mathieu Darnajou. Entreprise à mission, la startup s'intéresse dans un premier temps à la protection de la pompe et à l'analyse de fluide, un aspect qui a le plus de chance d'intéresser les utilisateurs finaux.
« Les volumes dans les canalisations industrielles sont tellement énormes que l'on ne sait pas toujours ce qui rentre ou sort, cela peut conduire à des arrêts », détaille Mathieu Darnajou. Il peut s'agir de résidus ou même d'objets qui seraient tombés à l'intérieur. Des suspensions de l'activité qui peuvent se chiffrer à plusieurs centaines de milliers d'euros. L'entrepreneur vise principalement le secteur de l'agroalimentaire et de l'eau. « Pour un fabricant de yaourts nous pouvons garantir l'intégrité de son produit, s'il y a un problème nous identifions à quel niveau il se trouve ce qui lui évite de jeter toute sa production », illustre-t-il.
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