Déconstructeur automobile, Fert Recyclage investit 28 millions d’euros pour s’industrialiser
Gaëlle Cloarec
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Depuis quarante ans, Fert Recyclage recycle. Les pièces automobiles d'abord, issues de la déconstruction et de la valorisation des voitures hors d'usage. Avant de s'étendre, au gré des croissances externes opérées, aux véhicules poids lourds, au matériel agricole, aux motos et, enfin, au négoce de fer et métaux. Autrement dit, la PMI familiale née en 1983 dans le Vaucluse, 210 collaborateurs et un chiffre d'affaires de 36 millions d'euros au compteur, pratique l'économie circulaire « depuis toujours », bien avant même l'invention du terme, apparu pour la première fois en 1990, et la démocratisation qui s'en suivit. « Ce qui a changé, relève Attilio Fert, son dirigeant, ce n'est pas tant le fait de produire de la pièce issue de l'économie circulaire que les moyens de la produire. Les process sont plus industriels, les outils plus modernes et digitaux. »
Le métier s'est en effet professionnalisé sous la houlette d'une nouvelle génération. Attilio Fert est de celle-là. Aux manettes opérationnelles depuis cinq ans, le trentenaire travaille à transformer l'entreprise afin de pérenniser sa croissance, et l'adapter aux enjeux environnementaux et sociétaux actuels et futurs. Il a ainsi investi 2 millions d'euros en 2022, 8 millions d'euros en 2023, et prévoit de faire autant en 2024. Au total, la PMI s'est fixé un objectif d'investissement de 28 millions d'euros d'ici à 2033 pour moderniser et industrialiser ses quinze centres de valorisation, dont onze sont dédiés à la déconstruction de tout type de véhicules. Situés dans le quart Sud-Est, « de Valence à Marseille, de Apt à Carcassonne », ils forment un maillage permettant à Fert Recyclage « d'intervenir rapidement une fois le feu vert des assurances donné pour récupérer les véhicules à valoriser et approvisionner le marché local. » Les pièces produites servent plusieurs débouchés : la seconde main, la rénovation et l'export. Quant aux matières, comme l'aluminium d'une jante abîmée, elles sont massifiées et revendues à des aciéries et ferrailleurs.
Gaëlle Cloarec