Comment alinea poursuit sa mutation et vise la rentabilité pour 2026
Rémi Baldy
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« Demain, je pars à Caen ». La directrice générale d'alinea, Audrey Goutille, est dans ce que l'on pourrait appeler un tour de France pour suivre les ouvertures de nouveaux magasins. L'enseigne de meuble qui fête ses 35 ans, dont le siège est à Aubagne, s'étend en effet dans presque tous les coins de l'Hexagone à la suite de la reprise de Zôdio. De quoi atteindre un total de 35 magasins d'ici la fin de l'année. Une étape importante pour alinea qui continue sa mutation entamée en 2017.
Cette approche d'ouverture de magasins peut, au premier abord, paraître surprenante puisque la taille du réseau faisait partie des points mis en avant pour expliquer le redressement judiciaire d'alinea en 2020. Pour rappel, à l'époque l'entreprise est reprise par les mêmes actionnaires - la famille Mulliez - qui ne retient alors que neuf magasins sur 26. « Nous savions que ce n'était pas l'idéal », rembobine Audrey Goutille. « Par rapport à notre plan de développement, il nous en fallait une quinzaine supplémentaire », poursuit-il.
Pourquoi ne pas les avoir conservés ? Car au-delà de nombre de points de vente, le profil de ces magasins devait être différent pour rentrer en phase avec le nouveau positionnement d'alinea et le modèle économique qui en découle. Auparavant située sur de l'hypermarché de la décoration, avec comme concurrent Ikea et ses immenses magasins, l'enseigne prend depuis quelques années le virage du « lifestyle » et ses boutiques plus réduites. « Auparavant, nous avions des immenses magasins de 10.000 m2 et 2.000 m2 ou 3.000 m2 supplémentaires pour les stocks », rappelle la directrice générale.
Garder quelques-unes de ces grandes boutiques répondait à l'époque à la nécessité de conserver un minimum de volume d'achats de références alinea. Désormais, l'idée est d'avoir des magasins de 6.000 m2 au maximum. « C'est ce qui se rapproche de ce qu'aime le client », défend la dirigeante. « Le style des magasins est différent, souligne Audrey Goutille. Ils sont plus nombreux pour avoir un maillage plus important». Cette approche se traduit donc par l'intégration de Zôdio - qui garde une entité juridique à part - et la transformation de certains magasins trop grands, près de Nancy par exemple le rez-de-chaussée est désormais occupé par Boulanger.
Rémi Baldy