Les 109 milliards d'euros promis par Emmanuel Macron en février dernier lors du sommet de l'IA comme objectif d'investissement consenti donnait bel et bien la tonalité, renforcée lors du dernier sommet Choose France où le sujet a été prépondérant dans les thématiques abordées. Et que Fabrice Coquio résume ainsi : « Il y a en France un momentum d'investissement majeur dans les infrastructures et dans les capacités IA ». Le président de Digital Realty pilote depuis dix ans les infrastructures que le groupe américain a développé en France et à Marseille. C'est d'ailleurs dans la Cité phocéenne qu'il poursuit les travaux de son MRS 5, cinquième data center installé sur le périmètre du Grand Port Maritime de Marseille-Fos et qui concentre à lui seul 300 millions d'euros d'investissement.
Et si l'intérêt, au-delà de Choose France, se porte sur l'intelligence artificielle et les data centers, c'est, dit Fabrice Coquio pour des raisons très précises : prioritairement pour répondre à la croissance de la donnée, créée par les gestes du quotidien de tous - de l'envoi d'e-mails aux publications Instagram - et par le développement des outils numériques - pour consulter son compte bancaire ou renouveler des documents d'identité. « L'IA n'est qu'un outil de productivité qui accompagne la gestion de la croissance des données. Cette croissance des données engendre mécaniquement une croissance des infrastructures - les data centers - destinées à absorber ces données, dont nous sommes tous responsables. ». A cela s'ajoute, dit aussi Fabrice Coquio, la nécessité pour la France de rattraper un certain retard par rapport à d'autres pays européens.
«La France est à la traîne par rapport à certaines économies développées d'Europe, comme l'Allemagne, le Royaume-Uni et même les Pays-Bas. Il y a donc un phénomène de rattrapage, qui se superpose à la croissance de la création de données. Et il existe un troisième phénomène conjoncturel, à savoir que la France est le seul pays d'Europe à produire massivement de l'électricité excédentaire, au moins pour les deux prochaines décennies».