Ile-de-France : la Caisse d'Epargne lance un fonds de capital-investissement à destination des PME

La Caisse d’Epargne Ile-de-France a lancé le 13 octobre un fonds de capital-investissement de 100 millions d’euros. L’objectif : développer le financement privé des PME d’Ile-de-France.
L'Ile-de-France abrite un quart des PME françaises.
L'Ile-de-France abrite un quart des PME françaises. (Crédits : Reuters)

C'est un paradoxe. Alors que l'Ile-de-France abrite près d'un quart des PME françaises et ne représente pas moins de 30% du PIB (produit intérieur brut) national, cette région "compte assez peu de fonds privés dédiés au financement de son économie", constate Pascal Chabot, membre du directoire de la Caisse d'Epargne Ile-de-France, qui a lancé lundi 13 octobre un fonds de capital-investissement ciblant les PME franciliennes. De fait, qu'il s'agisse de financer l'innovation des PME, leur développement ou leur transmission, l'essentiel des outils existants sont publics, à l'image du fonds de capital-investissement IDF Capital, du fonds de garantie Bpifrance/Région, qui facilite l'accès des PME au crédit, ou bien encore du programme PM'up de soutien aux PME à fort potentiel.

 En revanche, "on ne retrouve pas en Ile-de-France les nombreux outils de financement privé de l'économie qui existent en régions", insiste Pascal Chabot. Aussi, après avoir lancé des fonds de capital-investissement pour financer les PME régionales en Bourgogne/Franche-Comté, en Picardie et dans le Nord, la Caisse d'Epargne a-t-elle choisi de porter sur les fonts baptismaux Caisse d'Epargne Ile-de-France Capital Investissement (CEIDF Capital Investissement).

 Le fonds investira dans des PME déjà rentables

 Doté par le groupe BPCE de 100 millions d'euros, ce fonds prendra des participations minoritaires - via des investissements en capital ou en obligations convertibles de 250.000 à 1 million d'euros - dans des PME franciliennes, de préférence clientes de la Caisse d'Epargne Ile-de-France, et présentes dans tous les secteurs d'activité, exception faite... des services financiers. "Nous voulons investir dans des entreprises commerciales", explique Pascal Chabot. Des entreprises réalisant par ailleurs un chiffre d'affaires compris entre 2 millions et 100 millions d'euros, et dégageant des bénéfices.

 Est-ce à dire que CEIDF Capital Investissement n'investira pas dans des PME innovantes ? "Nous ne les excluons pas, mais il faut qu'elles aient déjà une activité", précise Pascal Chabot. La vocation de CEIDF Capital Investissement, on l'a compris, est donc d'investir en capital-développement, pour aider par exemple une PME à se développer à l'international ou à commercialiser un nouveau produit, et en capital-transmission, lorsque le dirigeant souhaite céder son entreprise. Le financement d'amorçage et le capital-risque, en revanche, très peu pour CEIDF Capital Investissement.

La CEIDF et Natixis lanceront un fonds d'infrastructure

 Autre spécificité du fonds, qui lui donne un caractère "novateur" selon Pascal Chabot, il accompagnera les PME sur le long terme. Contrairement à un fonds de capital-investissement classique qui cède ses participations au bout de 5 à 7 ans, "cela ne nous effraie pas de rester 12, 13 ou 14 ans au capital si l'entreprise a besoin de temps", assure Pascal Chabot. Accompagner une entreprise sur le long terme pouvant s'avérer particulièrement onéreux, l'équipe de CEIDF Capital Investissement se fixe un objectif de TRI (taux de rendement interne) net annuel "prudent, à 7,9%."

 Le fonds devrait bientôt passer à l'action, deux cibles d'investissement ayant déjà été identifiées, l'une dans la pharmacie, l'autre dans les logiciels. "Nous espérons (ainsi) effectuer deux ou trois opérations d'ici à la fin de l'année", indique Pascal Chabot. Un rythme que le fonds devrait tenir sur le long terme, si bien que ses 100 millions d'euros pourraient être investis d'ici quatre ou cinq ans. D'ici là, la Caisse d'Epargne Ile-de-France aura lancé avec Natixis, la filiale cotée de BPCE, un autre fonds, spécialisé dans les projets d'infrastructure. "Avec le Grand Paris, l'Ile-de-France devrait représenter 40% à 50% des projets d'infrastructure du pays, dans les prochaines années", rappelle Pascal Chabot.

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