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Entreprises & FinanceAssurance

Assurances : une baisse du coût des catastrophes naturelles en trompe-l’œil

latribune.fr

Publié le 31 juillet 2024 à 15:20 - Mis à jour le 30 septembre 2025 à 22:35

Le 6 février 2023, le tremblement de terre en Turquie et Syrie avait fait près de 60.000 morts.

Le 6 février 2023, le tremblement de terre en Turquie et Syrie avait fait près de 60.000 morts.

Reuters

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

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Le réchauffement climatique, cause de nombreuses catastrophes naturelles, continue d'inquiéter assureurs et réassureurs. Si le coût des catastrophes naturelles a diminué au premier semestre 2024, il n'est pas signe de réjouissances.

Depuis cinq ans, le coût des catastrophes naturelles s'élève à 250 milliards de dollars chaque année. Cependant, selon un rapport publié ce mercredi par le réassureur Muniche Re, ce coût a, pour la première fois, diminué au premier semestre par rapport à l'an dernier, atteignant 120 milliards de dollars. Ce sont 20 milliards de moins qu'au premier semestre 2023.

Un premier semestre cher pour les assureurs

Loin de signifier une diminution du nombre de catastrophes naturelles au cours des six derniers mois, ce recul s'explique en comparaison avec un semestre 2023 marqué par le séisme qui avait frappé la Syrie et la Turquie. Le 6 février 2023, ce tremblement de terre avait fait près de 60.000 morts. Les pertes économiques avaient atteint 58 milliards de dollars, mais le tremblement de terre ayant touché des zones peu assurées, les assurances avaient déboursés 6,2 milliards de dollars.

Preuve que la baisse des coûts au premier semestre 2024 n'est pas source de réjouissances pour les assurances, le montant reste «plus élevé que la moyenne annuelle des dix dernières années et des trente dernières années», a commenté le groupe allemand dans un communiqué.

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Ce début d'année 2024 n'a pas été épargné par le déchaînement de la nature : les « orages violents » aux Etats-Unis, qui ont causé « grêle et tornades » ont en effet coûté « 45 milliards de dollars » , dont « 34 milliards de dollars assurés » explique le réassureur.

«Les catastrophes naturelles liées aux conditions météorologiques, en particulier en Amérique du Nord, sont une fois de plus au premier plan», a ajouté Thomas Blunck, membre du conseil d'administration de Munich Re.

Au point de faire de 2024 la « quatrième année la plus coûteuse de l'histoire » pour des orages aux Etats-Unis.

Le réchauffement climatique, principale cause des dommages

Outre les orages, le tremblement de terre d'une magnitude de 7,5 sur l'échelle de Richter, qui a touché l'ouest du Japon en début d'année, a occasionné la catastrophe de « 10 milliards de dollars de pertes ». Le séisme avait fait 200 morts et plus de 1.000 blessés. Sur le continent européen, l'Allemagne paie le plus lourd tribu, en raison d'inondations qui ont frappé le sud du pays en juin, avec des pertes estimées par Munich Re à 5 milliards de dollars (4,6 mds EUR), dont moins de la moitié indemnisées.

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« Le changement climatique entraîne des risques auxquels tout le monde devra s'adapter afin d'atténuer les pertes croissantes liées aux événements météorologiques », a prévenu Thomas Blunck.

L'enchaînement est connu : plus de chaleur, plus d'évaporation, plus de tempêtes, plus de dégâts. En témoignent également les températures record dans le monde entier, notamment en Inde et en Arabie Saoudite. Les plus de 50 degrés lors du Hajj - le pèlerinage à La Mecque -, avaient causé la mort de 1.300 personnes, questionnant également les défaillances des autorités dans leur organisation.

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Stabilisation des tarifs des réassureurs

Le réchauffement climatique, à l'origine de cette hausse continue des sinistres, s'est longtemps traduit par une flambée des tarifs de réassurance, au point de voir certaines assurances refuser d'assurer les biens. En janvier 2023, les offres de réassurance avaient bondi de 40%.

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Mais, selon une étude de conjoncture du courtier Howden, l'augmentation de l'offre de réassurance - avec l'arrivée de nouveaux acteurs sur le marché -, a conduit à une certaine stabilisation des prix avec une hausse moyenne de 3% des tarifs au mois de janvier 2024.

Une récente étude en France de l'AMRAE (Association pour le management des risques et des assurances de l'entreprise) confirme d'ailleurs une « stabilisation des tarifs d'assurance pour les entreprises, même si certaines tensions demeurent sur certaines branches ».

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En France, la réforme suspendue par la dissolution

En avril dernier, la mission Langreney, du nom de son rapporteur, rendait ses conclusions au ministre de l'Economie, Bruno Le Maire. Dans son rapport, la mission souhaite notamment contraindre et responsabiliser les assureurs afin d'éviter la non assurance de certains biens, voire de certaines régions plus à risques. Pour cela, des zones plus ou moins à risques seraient déterminées et un système de bonus-malus mis en place. Plus un assureur serait présent dans des zones à risques, moins ce dernier serait soumis à des malus.

« D'ici à 2050, le coût des dommages liés au climat pourrait augmenter de 50 % », selon le ministre démissionnaire de la Transition écologique Christophe Béchu.

Une consultation avec les assureurs s'était ouverte, mais les décisions politiques prévues à l'automne ont été suspendues par la dissolution de l'Assemblée nationale, de même que la proposition de loi écologiste pour améliorer l'indemnisation des particuliers, victimes du phénomène de retrait-gonflement des sols, à l'origine de coûteux dommages dans les maisons.

(Avec AFP)

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