C'est un texte européen dont le monde de la finance ne veut pas. Près de deux ans après sa présentation, en juin 2023, « complètement en catimini », dénonce un de ses opposants, le règlement européen sur l'accès aux données financières (FiDA), concocté par la très libérale commissaire européenne Maria Luis Albuquerque, en charge des services financiers, s'est brutalement rappelé à son souvenir en décembre dernier lorsqu'il a été validé par la Commission européenne.
Depuis, c'est le branle-bas de combat ! Avec les assureurs en première ligne. « C'est un train fou qui avance à toute vitesse sans conducteur et sans freins », avait vivement dénoncé Florence Lutsman, présidente de France Assureurs, au média Politico. L'idée de la Commission et de la Direction générale de la stabilité financière, des services financiers et de l'union des marchés des capitaux (Fisma) à Bruxelles, était bien d'accélérer sur ce règlement (qui s'impose à tous, contrairement à une directive qui laisse aux pays une marge d'interprétation), avec un passage en trilogue (Commission, Conseil et Parlement) dans les six mois.
La machine s'est cependant enrayée. L'élection de Donald Trump est passée par là, avec son programme de dérégulation à tout va, et le climat politique en Europe a également évolué avec, comme nouvelle priorité, la simplification des textes et la concurrence. Un temps, le règlement devait être intégré dans l'un des trois projets d'omnibus annoncés en janvier par la Commission, portant sur la compétitivité de l'Europe. Ce n'est visiblement pas le cas. En revanche, FiDA reste bien au programme de travail de la Commission, malgré les récentes rumeurs d'un retrait pur et simple. Et ses partisans espèrent toujours qu'il passera en trilogue cette année.