La collecte de l'assurance-vie s'améliore en janvier après les trous d'air du Covid

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Après une forte décollecte en 2020, l'assurance-vie enregistre en janvier un fort rebond de sa collecte nette à deux milliards d'euros.
Après une forte décollecte en 2020, l'assurance-vie enregistre en janvier un fort rebond de sa collecte nette à deux milliards d'euros. (Crédits : TONY GENTILE)
L’année 2021 s’annonce plus porteuse pour l’assurance-vie. En janvier, la collecte nette a bondi pour atteindre 2 milliards d’euros, soit quatre fois plus qu’en décembre dernier. L’épargne des Français est toujours aussi abondante même si les ménages privilégient toujours les dépôts à vue et les livrets. Le surplus d’épargne, lié au confinement, pourrait atteindre 200 milliards d’euros à la fin de l’année, selon la Banque de France.

Après une amorce de normalisation en novembre et décembre dernier, l'assurance-vie poursuit son redressement en janvier, avec une collecte nette positive de 2 milliards d'euros, selon les chiffres de la Fédération française de l'assurance (FFA).

C'est quatre fois plus qu'en décembre dernier, un mois plutôt défavorable à ce placement d'épargne de long terme, mais également quatre fois plus qu'un an plus tôt, avant le début de la pandémie. Pour mémoire, l'assurance-vie a connu une décollecte nette de 6,5 milliards d'euros l'an dernier, du jamais vu depuis les années 90.

La hausse des cotisations est significative, +13% à 13,6 milliards d'euros, alors que les prestations versées restent stables, comme les mois précédents, à 11,6 milliards. Au total, les encours de l'assurance-vie s'élèvent, à la fin janvier, à près de 1.800 milliards d'euros, faisant toujours de l'assurance-vie, et de loin, le placement financier favori des Français.

Stabilité des UC

Dans le détail, la collecte nette sur les unités de compte (UC), un support privilégié par les assureurs car moins consommateur de fonds propres que le support en euros à capital garanti, atteint 2,7 milliards d'euros, soit son niveau d'avant-crise.

La part des UC dans les cotisations atteint 33%, une proportion désormais stable (34% sur l'ensemble de l'année 2020), et qui correspond, peu ou prou, aux objectifs commerciaux des assureurs. La FFA souligne au passage la bonne tenue des plans d'épargne retraite (PER), distribués par les assureurs, avec 416 millions d'euros de cotisations en janvier, ce qui porte l'encours à 13,4 milliards, dont la moitié en UC.

L'Observatoire du conseil financier de Nortia a également constaté, sur un échantillon de contrats d'assurance-vie gérés par des CGP, cette reprise de l'assurance-vie et une remontée de la part investie en UC sur la tendance historique. « L'assurance-vie a été pénalisée en 2020 par le gel de nombreux projets patrimoniaux. Tous ces projets commencent à revenir et je pense que 2021 sera une bonne année pour l'assurance-vie », avait alors commenté Philippe Parguey, directeur général de Nortia.

De leurs côtés, les assureurs mettent en avant un retour à la normale de leurs réseaux de distribution, qui ont été malmenés lors des confinements avec la mise en place de nouvelles procédures de télétravail et de souscription en ligne.

200 milliards d'euros de surplus d'épargne en 2021

Cette collecte positive sur l'assurance-vie n'a pas nui à l'engouement des Français pour l'épargne de précaution. En janvier, la collecte sur le Livret A et le Livret de développement durable et solidaire (LDDS) a atteint un niveau très élevé de 7,19 milliards d'euros, selon la Caisse des dépôts, soit 60% de plus qu'en janvier 2020.

« La persistance de la crise sanitaire, sans nul doute, jusqu'à l'été, devrait conduire au maintien d'une forte collecte dans les prochains mois, sachant qu'en temps normal, le premier semestre est plutôt favorable au Livret A. Ce n'est qu'au cours du second semestre, qu'une inversion de tendance pourrait se profiler », note Philippe Crevel, directeur du Cercle de l'Epargne.

Selon les estimations de la Banque de France, le bas de laine « excédentaire » des Français pourrait ainsi atteindre 200 milliards d'euros à la fin 2021, contre 130 milliards à la fin 2020, pour l'essentiel logé sur des comptes à vue et des livrets. Ce « surplus » d'épargne, très inégalitairement réparti au sein de la population (70% du surplus est concentré chez les 20 % des ménages les plus aisés), est actuellement l'objet de vives discussions politiques.

Si certains économistes prônent une taxation de cette épargne excédentaire pour financer la relance, l'idée dominante serait de mettre en place des mesures incitatives pour réorienter cette épargne vers la consommation et l'investissement productif. Le débat n'est pas nouveau et il s'est posé dès le premier confinement lors de l'arrêt brutal de la consommation des ménages.

Lire aussi : Plan de relance : le gouvernement estime que "les 100 milliards sont suffisants"

Bercy réfléchit à des mesures incitatives

A ce titre, les assureurs sont mobilisés, notamment via les fonds labellisés « Relance » (3,5 milliards d'euros dont 2,5 milliards au titre des UC à la fin 2020) et, dans une moindre mesure, les PER. Mais Bercy reconnaît que cet apport de l'assurance au financement de la relance ne peut suffire. D'où les réflexions sur d''autres mesures incitatives sur lesquelles, selon Les Echos, le gouvernement est en train de plancher.

L'idée d'un livret « Covid », un moment avancé par le député Eric Woerth, semble écartée. Il risque en effet de faire « doublon » avec le LDDS et l'heure n'est pas de multiplier les supports d'épargne liquide défiscalisés. En revanche, des mesures visant à débloquer l'épargne ou faciliter la transmission entre générations semblent tenir la corde. Objectif : transformer une partie de cette épargne en consommation.

Encore faut-il que les ménages aient envie de consommer. Selon l'Insee, le moral des ménages est en berne et la proportion de ceux qui redoutent de perdre leur emploi est au plus haut depuis la crise de 2009. Tout ceci n'incite pas vraiment les Français à envisager un retour aux folles dépenses d'avant crise.

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Commentaires
a écrit le 01/03/2021 à 16:29 :
ce produit est mort, question de temps
c'est d'autant plus mort que les politiciens de gauche bavent en lorgant sur cette epargne qu'ils souhaiteraient voir au service ( gratuit) de l'ecologie, de la solidarite, du financement des entreprises d'avenir genre celles sponsorisees par segolene royal avant de refiler les dettes de sa region a l'aquitaine
la fiscalite va etre augmentee et ca ne rapporte plus rien
les gens vont retirer des billets et les mettre sous le matelas, ca sera une assurance vieillesse

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