La faiblesse d'un cours de l'action nourrit souvent des rumeurs de rachat. Le réassureur SCOR, qui a perdu près d'un quart de sa capitalisation depuis le début de l'année, n'échappe pas à la règle.
A peine le grand raout de la réassurance mondiale terminé à Monaco, une enquête conjointe de la publication spécialisée britannique Insurance Insider et du site d'informations sur les deals financiers Betaville, fait état de pourparlers entre le groupe mutualiste Covéa et SCOR sur un schéma de rachat du second par le premier. Un remake en quelque sorte de la tentative, bien réelle mais avortée en 2018, de Covéa, alors principal actionnaire de SCOR, de prendre le contrôle du réassureur.
Après clôture, SCOR a indiqué auprès de l'AFP qu' «aucune discussion de fusion & acquisition avec Covéa n'a eu lieu de quelque façon que ce soit ». De son côté, Covéa n'a pas souhaité réagir à cette publication.
La Bourse, en revanche, a pris la nouvelle au sérieux. Le titre Scor a gagné jusqu'à 6 % mardi sur Euronext Paris dans un marché plutôt baissier pour frôler les 20 euros. Sur le papier, Covéa aurait les moyens financiers de racheter le réassureur français dont la capitalisation oscille désormais autour de 3,5 milliards d'euros. Mais après le rachat en 2022 de PartnerRe, pour 8 milliards d'euros, l'assureur mutualiste aurait sans doute du mal à tenir ses ratios de solvabilité, sans parler d'un déséquilibre entre ses différents métiers. L'an dernier, Covéa a affiché un résultat record de 1,5 milliard d'euros, grâce pour l'essentiel aux activités de PartnerRe, qui ont profité du regain de rentabilité dans la réassurance à l'aune de la remontée des taux, de la forte hausse des prix de la réassurance et du resserrement des conditions des contrats.