Paul Volcker : il faut que les banques américaines puissent être démantelées de force

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(Crédits : © 2010 Thomson Reuters)
"Les gens s'attendent à ce qu'on ne laisse pas les institutions financières très grandes et complexes faire faillite. Si on n'ébranle pas cette conviction, la conséquence naturelle est que la prise de risque sera encouragée" a lancé le conseiller de Barack Obama.

Lors d'une conférence devant le Petersen Institute à Washington, Paul Volcker, conseiller économique du président américain Barack Obama à qui il a inspiré ses récents projets de renforcement du contrôle des banques ert ancien patron de la banque centrale américaine, la Fed, a affirmé mardi soir que les banques américaines pourraient être démantelées de force en cas de problème.
 

"Au final, l'entreprise qui est en situation d'échec devrait être liquidée ou fusionnée (...) C'est une peine capitale, pas une hospitalisation. Il y a clairement un besoin de ce qu'on appelle une autorité de démantèlement ordonné", nécessaire pour contrer le risque d''"aléa moral", la garantie de sauvetage d'établissements financiers même quand ils ont pris des risques trop élevés.
 

"Les gens s'attendent à ce qu'on ne laisse pas les institutions financières très grandes et complexes faire faillite. Si on n'ébranle pas cette conviction, la conséquence naturelle est que la prise de risque sera encouragée et en fait subventionnée (...) et nous pourrions nous diriger à toute vitesse vers la prochaine crise dans quelques années.Cela me paraît le défi central de la réforme".


La régulation du système bancaire est actuellement en débat au Congrès. Notamment le point défendu par Paul Volcker et repris par Barack Obama d'interdire aux banques de spéculer sur les marchés pour leur propre compte ("prop trading"). Le sujet a de nouveau été évoqué mardi soir par le Président des Etats-Unis à l'issue de sa rencontre avec Nicolas Sarkozy : "nous devons mettre en place une surveillance suffisante pour que la spéculation ou la prise de risque téméraire par un petit nombre d'acteurs importants sur les marchés financières ne menacent plus jamais l'économie mondiale ni n'alourdissent la charge pour les contribuables. J'ai hâte que le Sénat agisse concernant cette législation essentielle, pour que nous ne répétions plus jamais les erreurs qui ont mené à cette crise", a-t-il souligné.
 

Le Congrès américain est encore loin d'aboutir. La commission bancaire du Sénat a adopté le 22 mars un texte malgré l'opposition républicaine. Les sénateurs doivent se pencher sur ce projet lors de leur prochaine cession qui reprend le 12 avril.

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Commentaires
a écrit le 31/03/2010 à 12:35 :
Tout simple : on met en prison les banquiers fautifs.
a écrit le 31/03/2010 à 9:32 :
La solution la plus simple est la ré application du Glass Steagall Act qui instaurait la séparation Banque d'investissements Banque de dépot.
a écrit le 31/03/2010 à 6:31 :
Info intéressante, merci! Mais: "Les sénateurs doivent se pencher sur ce projet lors de leur prochaine cession"...vous cherchez à figurer dans la rubrique "A travers la presse déchaînée" du Canard ou quoi? Je vois d'ici le commentaire : on a la confirmation que les sénateurs américains sont à vendre....

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