Banques  : sauvetage gagnant

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Par Pierre-Angel Gay, directeur adjoint de la rédaction de La Tribune.

On savait que la crise avait fait un tri sévère entre les grandes banques européennes. Mais on n'en avait pas apprécié l'ampleur. On avait jaugé les résultats 2009. Et dressé le classement des vainqueurs, Barclays au Royaume-Uni (13,9 milliards d'euros), Santander en Espagne (8,9 milliards) ou BNP Paribas en France (5,8)... comme des vaincus !

Mais on n'avait pas mesuré combien la gestion de la crise elle-même, par les Etats comme par les instances européennes, allait amplifier ces écarts. Non seulement entre établissements secourus et ceux qui ne l'ont pas été, ce qui allait de soi, mais aussi entre banques aidées, ce qui était moins évident. La ligne de clivage s'est faite à Bruxelles, lorsque la Commission a examiné dans l'urgence les plans de sauvetage élaborés par les Etats membres.

Les plans nationaux ont reçu un feu vert sans condition, puisqu'ils n'engendraient pas de distorsion de concurrence entre établissements d'un même pays. C'est le cas de la France ou de l'Italie, par exemple. En revanche, ceux destinés à sauver une banque prise isolément ont été assortis de contraintes sévères. Punitives, disent même certains, en pointant l'ampleur des désinvestissements imposés aux britanniques Lloyds Banking Group et Royal Bank of Scotland (la vente d'un millier d'agences), au néerlandais ING (sommé de se couper une jambe et de céder ses activités d'assurances) ou encore à Dexia, de droit belge, contraint de réduire son bilan de 35% !

Ce n'est pas toujours injuste, tant certains de ces établissements ont coûté cher aux contribuables. Mais cela a créé des pays et des systèmes bancaires à deux vitesses. En Belgique, toutes les banques, sauvées isolément, voient leur développement entravé. En France, toutes les banques, aidées globalement, sont libres de leurs mouvements. Avec le recul, on mesure combien le plan de sauvetage concocté par Bercy et l'Elysée leur a permis non seulement de traverser la crise, mais aussi de préserver l'avenir. De la belle ouvrage.

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Commentaires
a écrit le 28/02/2010 à 15:56 :
Votre article est fort intéressant. Bien que néophyte en la matière j'aurais voulu plus de précision concernant le niveau, la hauteur de dettes que cela représente pour la France ? ce sauvetage des banques françaises en euros ? Est-ce que cela s'est passé entre amis, chaque banque fait ce que bon lui semble de ce pactole, à quel taux de remboursement ? Ou la finalité était (est-elle ) le transfert pour aider les PME ? grandes entreprises ? et bien sûr les sous-traitants si mal traités par les "grands trusts ". Mr. P.A. Gay, vous avez l'air si satisfait de l'Elysée et de Bercy, vous êtes le seul, à l'approche des élections que votre article nécessite de plus amples renseignements. Merci.

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