Scandale du Libor : la nouvelle réglementation prend forme

 |   |  592  mots
Copyright Reuters
Copyright Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2012. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Cette semaine, l'Association des banquiers britanniques (BBA) s'est dit prête à abandonner son rôle dans la fixation du taux interbancaire Libor, si le régulateur le décide. En Europe, les parlementaires se sont penchés sur la "culture de manipulation de marché".

L'Association des banquiers britanniques (BBA) s'est dit prête mardi à abandonner son rôle dans la fixation du taux interbancaire Libor, au coeur d'un scandale de manipulations, si le régulateur le décide. Si les recommandations de Martin Wheatley (directeur de l'Autorité des marchés financiers FSA) incluent un changement de responsabilité pour le Libor, la BBA le soutiendra", a indiqué l'association dans un communiqué.

Les propositions de l'autorité de régulation britannique

Martin Wheatley, chargé par le gouvernement britannique de formuler des recommandations pour revoir le dispositif de fixation du Libor, a estimé en août que ce taux interbancaire ne jouait plus son rôle et devait être réformé. Il a notamment proposé que davantage de données objectives soient inclues dans la méthode de calcul afin de réduire les possibilités de manipulation. Pour lui, dans certains cas, d'autres taux de référence pourraient servir de base aux transactions. Il a également jugé que les pouvoirs des autorités judiciaires et de régulation des marchés devaient être renforcés pour poursuivre les contrevenants.

Ses recommandations doivent être finalisées d'ici à la fin septembre. Le gouvernement devrait alors les inclure dans la loi sur les services financiers.

L'Europe aussi planche sur une nouvelle réglementation des taux libor et euribor

Réunis lundi, à la commission des affaires économiques et monétaires, lors d'une audition sur la manipulation des taux des prêts interbancaires, les parlementaires européens et les commissaires Barnier et Almunia ont estimé qu'il fallait "rétablir la confiance et l'intégrité" des taux du marché monétaire. La plupart des intervenants ont estimé qu'une nouvelle réglementation était nécessaire. "Je poursuivrai mes discussions avec la Commission et les acteurs du marché en vue d'obtenir un nouveau régime de référence transparent et résistant pour les prêts interbancaires, sur la base de données relatives aux transactions en temps réels", a en particulier déclaré Arlene McCarthy, députée en charge du projet de législation sur les sanctions pénales contre les manipulations de marché.

Une supervision nécessaire

Les spécialistes des marchés et les parlementaires ont convenu que les indices de référence comme le Libor ou l'Euribor "devraient être ancrés dans des transactions observables et être transparents". Si le principe de fixation de ces indices par les banques n'a pas été remis en question, plusieurs intervenants ont insisté sur la nécessité de contrôler ces indices.

Le 27 juin, le "Liborgate" éclatait...

Le Libor est une moyenne des taux pratiqués par un panel de banques pour des prêts entre elles. Cette moyenne est publiée une fois par jour par la BBA pour le Libor et par la Fédération bancaire européenne (FBE) dans le cas de l'Euribor. Ces taux ont des répercussions sur l'ensemble de la sphère financière et servent également de référence indirecte dans les prêts aux ménages et aux entreprises.

Le scandale du Libor a éclaté le 27 juin, lorsque Barclays a révélé qu'elle allait payer environ 360 millions d'euros pour mettre fin à des enquêtes des régulateurs britannique et américain dans une affaire de manipulation du Libor et de l'Euribor. Le "liborgate" a entraîné la démission de son président, de son directeur général et d'un autre haut dirigeant. Depuis, le scandale s'est étendu à d'autres banques et des enquêtes ont été ouvertes dans plusieurs pays.

 

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :