Banques : UniCredit acquiert une participation de 9% dans Commerzbank, qui s'envole en Bourse
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La deuxième banque italienne UniCredit a annoncé ce mercredi avoir acquis une participation de 9% dans Commerzbank.
RALPH ORLOWSKI
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La deuxième banque italienne UniCredit a annoncé ce mercredi avoir acquis une participation de 9% dans Commerzbank.
RALPH ORLOWSKI
[Article publié le mercredi 11 septembre 2024 à 10h56, mis à jour à 14h05] La deuxième banque italienne UniCredit a annoncé ce mercredi avoir acquis une participation de 9% dans Commerzbank, dont 4,49% pour un montant d'environ 702 millions d'euros dans le cadre d'une procédure accélérée pour le compte de l'Etat allemand. Le reste de la participation a été acheté sur le marché, a indiqué UniCredit dans un communiqué. UniCredit compte, en outre, demander l'autorisation de dépasser le cas échéant 9,9% du capital de Commerzbank, « si et quand cela sera nécessaire ». ce qui porte le montant de l'ensemble de l'acquisition à environ 1,4 milliard d'euros.
UniCredit assure « soutenir » le conseil d'administration et le conseil de surveillance de Commerzbank et « les progrès qu'ils ont réalisés pour améliorer les performances de la banque ». La banque italienne compte aussi étudier avec Commerzbank « les possibilités de créer de la valeur pour les parties prenantes des deux banques ».
Après avoir ouvert en hausse de 12,70% à 14,20 euros, le titre Commerzbank prenait 15,75% à 14,57 euros, à la suite de cette annonce, dans un marché en hausse de 0,6%. Sur la place de Milan, le titre d'UniCredit affichait, lui, une petite hausse de 0,72% à 36,33 euros en fin de matinée.
Berlin avait annoncé mardi son intention de vendre une part de 4,5% dans Commerzbank, soit la vente de 53 millions d'actions Commerzbank, première étape de son désengagement du capital de la deuxième banque allemande. L'Etat réduit ainsi sa participation au capital de Commerzbank de 16,5% à 12%, comme indiqué mardi par la Finanzagentur, l'Agence fédérale des finances.
Celle-ci avait annoncé début septembre la sortie du capital de Commerzbank, sauvée de la faillite lors de la crise financière de 2008-2009 quand l'Etat avait dû engager quelque 18 milliards d'euros pour entrer au capital et apporter des garanties à l'établissement.
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La facture du sauvetage est significative : le premier bloc d'actions a été cédé au prix d'attribution de 13,20 euros par titre, supérieur au cours de clôture de mardi à 12,60 euros mais bien inférieur au prix que Berlin avait payé au moment de la recapitalisation, près de 26 euros par action. Le cours avait atteint son plus bas niveau en mai 2020, avec une valeur proche de 3 euros.
Pour les parts restantes, l'Etat a mis en place « une restriction de vente de 90 jours avec certaines exceptions », poursuit le communiqué.
Par ailleurs, cette transaction a alimenté les spéculations sur un rachat intégral de Commerzbank, après la tentative avortée d'UniCredit en octobre 2021 de s'emparer de la banque Monte dei Paschi di Siena (MPS), sauvée de la faillite par l'Etat italien. Interrogé sur une possible montée à 100% du capital de Commerzbank par UniCredit, le porte-parole du gouvernement allemand, Steffen Hebestreit, a parlé de « questions hypothétiques » lors d'un point de presse.
De « nombreux investisseurs » ont exprimé leur intérêt, « y compris UniCredit », sans qu'aucune offre concrète n'ait été formulée à l'avance, a répondu un porte-parole du ministère allemand des Finances, à la question de savoir si Berlin avait été informé de l'intention de la banque italienne d'acheter une part importante de Commerzbank. « Berlin sait depuis quelque temps qu'UniCredit est intéressée à monter au capital de Commerzbank », a pourtant affirmé à l'AFP une source proche du dossier.
Commerzbank et Deutsche Bank avaient entamé des pourparlers en 2019 en vue d'une fusion au moment où elles affichaient encore de piètres performances. Mais le projet, suscitant le scepticisme des investisseurs et l'hostilité des syndicats, avait vite été enterré.
En parallèle, le PDG de Commerzbank, Manfred Knof, a annoncé mardi son départ de l'entreprise fin 2025, au terme de son contrat actuel. En poste depuis janvier 2021, il a engagé des plans d'économies et de restructuration, avec la suppression de plusieurs milliers de postes. Aujourd'hui, Commerzbank « est à nouveau un établissement stable et rentable », se félicitait l'Agence fédérale des finances début septembre.
Commerzbank a affiché en 2023 son meilleur bénéfice net annuel depuis 15 ans, soit 2,2 milliards d'euros, et vise encore mieux en 2024 malgré la baisse attendue des taux. La banque comptait fin décembre près de 36.500 salariés à temps plein et sa capitalisation boursière s'élève à 17,5 milliards d'euros.
UniCredit poursuit sa marche rapide et a entamé d'autres acquisitions avant Commerzbank. La banque italienne avait, en effet, déjà annoncé avoir conclu un accord contraignant en vue d'acquérir l'intégralité du capital de son homologue belge, Aion Bank et de la société polonaise Vodeno, pour environ 370 millions d'euros. Ces sociétés « combinent une plateforme innovante, évolutive et flexible basée sur l'informatique en nuage », offrant des services à des clients financiers et non-financiers dans toute l'Europe, avait alors indiqué UniCredit dans un communiqué.
Par ailleurs, la deuxième banque italienne continue à enchaîner des bénéfices record, supérieurs aux attentes, et à choyer ses actionnaires en dépit de la baisse des taux d'intérêt amorcée par la Banque centrale européenne (BCE) en juin. UniCredit a vu ainsi son bénéfice net grimper de 16% à 2,7 milliards d'euros au deuxième trimestre, sous l'effet d'une hausse de 10% des commissions et grâce à des revenus solides engendrés par les taux d'intérêt.
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Depuis l'arrivée d'Andrea Orcel, aux commandes d'UniCredit en avril 2021, la banque n'a cessé d'afficher des bénéfices record, amplifiés ces deux dernières années par la manne des taux d'intérêt. Pour l'ensemble de l'année, UniCredit a relevé sa prévision de chiffre d'affaires à plus de 23 milliards d'euros, contre 22,5 milliards auparavant.
(Avec AFP)
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