Jadis en quasi faillite, Commerzbank va voir l'État allemand réduire sa participation
latribune.fr
« La situation économique de la banque s'est constamment améliorée depuis 2021 », a souligné mardi Eva Grunwald, directrice de l'agence fédérale allemande des finances.
Au pic de la crise financière des années 2000, l'Etat allemand avait volé au secours de l'établissement bancaire, qui à l'époque avait failli totalement disparaître.
Outre-Rhin, c'est un changement actionnarial remarqué qui a été annoncé mardi par l'agence fédérale allemande des finances. Après être venu au secours de Commerzbank, deuxième banque privée allemande, au pic de la crise financière des années 2000, l'Etat allemand va progressivement se désengager de son capital, dont il détient à ce jour 16,5%.
«La situation économique de la banque s'est constamment améliorée depuis 2021», souligne Eva Grunwald, directrice de la Finanzagentur, citée dans un communiqué. «L'État fédéral réagit (...) en réduisant sa participation dans Commerzbank et en entamant son désengagement», ajoute-t-elle.
A noter aussi : l'agence des finances n'a pas donné de calendrier pour son désengagement. « La vente du paquet d'actions concerné se fera de manière transparente, non discriminatoire et en ménageant le marché », précise Eva Grunwald. Pour rappel, c'est la banque elle-même qui a déposé un plan de rachat de ses propres actions, à hauteur pour 600 millions d'euros, auprès de la Banque centrale européenne et de l'Agence financière allemande.
Quasi faillite
L'histoire de cette banque emblématique a été semée de grosses embûches. En pleine crise financière de 2008-2009, Berlin avait dû engager quelque 18 milliards d'euros pour étatiser en partie Commerzbank, et lui apporter des garanties sur ses actifs. L'établissement était alors au bord de la faillite...
L'engagement de l'État allemand au moment de la crise des marchés financiers « a permis d'éviter un effet domino aux conséquences macroéconomiques imprévisibles », relève à ce sujet la directrice de l'agence fédérale allemande des finances.
A l'époque, Berlin avait payé près de 26 euros par action de Commerzbank. Le cours actuel de l'action de la banque, cotée à la Bourse de Francfort, est désormais plus bas : le titre a notamment clôturé mardi à 13,09 euros, et ce mercredi à 12h30 (heure de Paris), celui-ci accusait une baisse de 2,22% à 12,80 euros. Au plus bas en mai 2020, l'action valait autour de 3 euros.
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Solidité retrouvée
Depuis, la banque est parvenue à remonter la pente. Commerzbank « est à nouveau un établissement stable et rentable », s'est félicité l'agence fédérale des finances dans son communiqué publié hier. Pour y parvenir, la banque au logo jaune est notamment passée par plusieurs plans d'économies et de restructuration. Notamment en septembre 2019, ou le groupe bancaire a opéré une réduction de 10% de ses effectifs, soit la suppression de 4.300 emplois dans le monde et de 200 agences. Quelques mois auparavant, le projet d'une fusion avec sa grande rivale, la Deutsche Bank, avait été avorté. De plus, comme tout le secteur bancaire, le groupe Commerzbank a été aidé par la hausse des taux d'intérêt depuis juillet 2022.
Néanmoins, début août, le deuxième établissement bancaire d'Allemagne a fait état d'un bénéfice net au deuxième trimestre en repli de près de 5% sur un an, du fait d'un recul des revenus nets d'intérêts sur fond de baisse engagée des taux. Le bénéfice net part du groupe a ainsi atteint 538 millions d'euros à fin juin, contre 565 millions d'euros à trimestre comparable il y a un an, et 747 millions d'euros lors du premier trimestre de 2024.
Malgré ce repli, Commerzbank a réalisé son « meilleur premier semestre depuis 15 ans », avec un bénéfice net de 1,3 milliard d'euros, en hausse de 12% sur un an, et a confirmé ses objectifs annuels. « Les entreprises ont de plus en plus demandé des prêts pour investir et les clients privés se sont montrés plus actifs dans le domaine des valeurs mobilières [ actions, obligations, options, fonds cotés en bourse, ndlr] », avait commenté le président du directoire de Commerzbank , Manfred Knof, dans un communiqué.