Le CCF a été ressuscité début janvier par la société My Money Group (MMG), contrôlée par le fonds américain Cerberus, après le rachat du réseau de banque de détail en France du géant bancaire britannique HSBC.
La direction du CCF a présenté aux salariés ses orientations stratégiques pour 2025 et 2026, sans donner aucun objectif, ni chiffres. Toutefois, selon les syndicats, elles pourraient se traduire par la fermeture de 80 agences et la suppression de 30 % des effectifs.
Le nouveau Crédit commercial de France (CCF) se prépare à une profonde réorganisation, avec à la clé, des fermetures d'agences et des suppressions de postes. C'est du moins l'alerte lancée par plusieurs syndicats au lendemain de la réunion du Comité social et économique (CSE) du groupe My Money Group (MMG). Ce dernier, contrôlé par le fonds américain Cerberus, a racheté en 2023 les activités de banque de détail d'HSBC en France avant de faire renaître la marque CCF lors de la bascule informatique opérée le 1er janvier 2024.
Après un premier CSE en juillet, le nouveau directeur général, Niccolò Ubertalli, un vieux routier des restructurations de banque de détail en Europe, a précisé lors de ce CSE d'octobre ses orientations stratégiques pour 2025 et 2026, sachant que l'engagement pris par le repreneur de ne procéder à aucun licenciement prend fin cette année. Une réunion d'information pour l'ensemble des personnels (environ 4.000 salariés) a été ensuite organisée ce jeudi par téléconférence à laquelle plus de 2.500 collaborateurs ne sont connectées.
Prochaine réunion en décembre
Les grandes lignes étaient déjà connues, notamment celle de bâtir une « banque à taille humaine », visant une clientèle plutôt patrimoniale, et qui repose sur une large délégation de pouvoir des directeurs d'agences et des conseillers. La direction n'est pas encore entrée dans « le dur », c'est-à-dire dans les chiffres. Une prochaine réunion du CSE en décembre devrait préciser les objectifs.
Toutefois, une slide a aussitôt fait réagir les syndicats , expliquant la base de coût théorique d'une banque de 800.000 clients. Le chiffre de 80 fermetures d'agences (250 agences) et d'un plan de réduction de 30 % des effectifs a donc circulé, sans être indiqué, ni confirmé par la direction.
C'est un « ordre d'idée », reconnaît un syndicaliste auprès de l'agence AFP. Les « arbitrages sont en cours (...) concernant les conséquences sociales du projet sur les effectifs et le nombre d'agences », indique de son côté le CCF dans un communiqué. Même si la direction n'a jamais caché son souhait de réorganiser son réseau, notamment dans les grandes villes comme Paris où plusieurs agences peuvent se trouver à proximité, souvent d'ailleurs sous la responsabilité d'un seul directeur d'agence.
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Ce plan « attendu » doit permettre au CCF « de devenir rentable », explique Bruno Ronsin, élu CFTC à l'AFP, « puisque l'activité du CCF aujourd'hui avec son réseau existant et avec le personnel existant ne dégage pas de rentabilité suffisante ». Les chiffres qui circulent « sont des données brutes sorties d'un contexte et surtout sorties d'un calendrier », observe le délégué syndical national FO Eric Poyet.
« Ce n'est pas encore un plan, c'est le début des discussions », a d'ailleurs réagi le président du conseil d'administration du CCF, Chad Leat, en marge d'une conférence organisée par l'agence de notation S&P à Paris.
Débrouille et « système D » en agence
Les salariés sont d'autant sur le qui-vive que les débuts de la banque CCF ont été laborieux et généré de la souffrance au travail et du mécontentement parmi les clients. « La transformation de HSBC (en) CCF a été gérée par des amateurs !! », se plaignait ainsi par exemple en mars dernier un client mécontent sur Google, déplorant des « cartes inutilisables » et un conseiller injoignable. « On ne peut pas retirer d'argent », témoignait une autre cliente à Nice, jugeant le niveau de service « déplorable ».La déléguée CFDT Frédérique Dupraz dépeignait alors un univers de « débrouille » et de « système D » en agence.
Le directeur général s'est donné 100 jours pour régler ses problèmes. « On n'a perdu aucun client », s'est-il félicité en mars dernier, reconnaissait cependant jusqu'à 2.100 réclamations. Mais la direction souligne depuis un progressif retour à la normal, et même cet été, un niveau de réclamations inférieur à celui de HSBC France de 2023.