La Chine envisage d'injecter près de 130 milliards d'euros dans ses banques
latribune.fr
Pékin réfléchit à injecter jusqu'à 1.000 milliards de yuans (128 milliards d'euros) dans ses banques d'Etat pour accroître les liquidités dans son système financier.
La Chine pourrait injecter près de 130 milliards d'euros pour relancer une activité à la peine, ce qui constituerait une première depuis la crise financière de 2008.
[Article publié le jeudi 26 septembre 2024 à 7h40, mis à jour à 8h36]En Chine, les annonces tombent les unes après les autres depuis le début de la semaine. Les mesures qu'elles portent ont toutes pour objectif de stimuler l'économie. Nombre d'analystes et d'investisseurs estiment en effet qu'un soutien accru de l'Etat est nécessaire pour que la deuxième économie mondiale puisse atteindre son objectif de croissance en 2024 (« environ 5% »).
Ce taux ferait rêver nombre de nations développées, mais il reste pour le pays bien loin de l'expansion fulgurante qui l'a propulsé ces dernières décennies vers les sommets de l'économie mondiale.
«Nous devons améliorer la pertinence et l'efficacité des mesures» pour l'économie, indique un compte-rendu publié par l'agence officielle Chine nouvelle
Pékin réfléchit désormais à injecter jusqu'à 1.000 milliards de yuans (128 milliards d'euros) dans ses banques d'Etat pour accroître les liquidités dans son système financier, selon l'agence d'information économique Bloomberg, qui ne précise pas ses sources. Le financement proviendra principalement de l'émission de nouvelles obligations d'Etat. Les détails ne sont pas finalisés et sont susceptibles d'évoluer, affirme Bloomberg.
Pékin a aussi annoncé mercredi vouloir soutenir davantage les « diplômés de l'enseignement supérieur et les autres jeunes », en offrant de meilleurs salaires, des formations et des possibilités de poursuivre des études. Selon un média d'Etat, ce jeudi le gouvernement s'est aussi engagé à relancer son secteur immobilier face aux « inquiétudes » du public et souhaite, de plus, améliorer l'attention aux personnes âgées et à la petite enfance.
Une crise qui dure
Le géant asiatique est en proie à une crise inédite de son vaste secteur immobilier, une confiance morose des ménages et des entreprises, ce qui pénalise la consommation, tandis que les tensions géopolitiques avec Washington et l'Union européenne menacent son commerce extérieur. Une situation économique qui inquiète les marchés depuis plusieurs mois, la reprise post-Covid tant espérée ayant été brève et moins robuste qu'escomptée.
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Les dirigeants chinois ont reconnu de nouveaux « problèmes » pour la croissance du géant asiatique, a rapporté un média d'Etat. « La réunion a souligné que les fondamentaux de l'économie n'ont pas changé » en particulier « un vaste marché et un grand potentiel ». « Dans le même temps, de nouvelles situations et nouveaux problèmes sont apparus » pour l'économie chinoise, indique un compte-rendu publié par l'agence Chine nouvelle.
Les premières mesures dévoilées par la deuxième économie mondiale ont suscité l'enthousiasme des Bourses mondiales mais, depuis, le soufflet est retombé. Les places ont fini globalement dans le rouge mercredi. En Europe, la Bourse de Paris a fini en baisse de 0,50%, tandis que Francfort a perdu 0,41% et Milan 0,12%. Londres a également fléchi de 0,17%. A New York, le Dow Jones a perdu 0,70% et l'indice élargi S&P 500, 0,19%, tandis que l'indice Nasdaq a fini proche de l'équilibre (+0,04%).
«Tout ce qui a été décidé, ce sont des choses qui vont mettre du temps à se matérialiser», explique Frédéric Rozier, gérant de portefeuilles chez Mirabaud. Les investisseurs vont avoir «besoin de garanties (...) avant d'avoir la certitude que le plan va permettre de relancer la croissance» en Chine.
La deuxième économie mondiale doit par ailleurs dévoiler à la mi-octobre son chiffre de la croissance pour le troisième trimestre. Un chiffre très attendu.