Le leader suédois du paiement fractionné signe la plus grosse perte de son histoire mais promet un retour à la rentabilité dès 2023. Le groupe a sensiblement réduit ses pertes d’exploitation au quatrième trimestre et semble gagner son pari sur le marché américain.C'est donc près d'un milliard de dollars de pertes que Klarna, le leader suédois du paiement fractionné, doit encaisser au titre de l'exercice 2022. La fintech promet cependant un retour à la rentabilité dès 2023, même si le groupe n'a pas dégagé de profits depuis... 2018. Il s'est, il est vrai, lancé dans une course à la croissance effrénée avant d'appuyer sur le frein au printemps 2022. La valorisation du Klarna avait chuté en juin dernier, lors de son dernier tour de table, de 85 % en un an, par rapport à son pic de valorisation (à 46 milliards de dollars). Et l'entreprise avait annoncé en mai 2022 un plan de suppression de 10 % de ses effectifs dans le monde pour réduire drastiquement ses coûts.
Un modèle en question
La hausse des taux d'intérêt frappe de fait de plein fouet le modèle du paiement fractionné, celui du moins qui faisait porter la charge du coût du crédit sur le marchand et non sur le consommateur. Avec un coût du refinancement de 4 à 6 %, le modèle devient de facto payant pour tous, marchands et consommateurs. De plus, l'inflation et la crise accroissent le coût du risque, surtout dans les pays où le paiement fractionné est de plus en plus utilisé comme un moyen de financer à crédit la vie quotidienne, comme au Royaume-Uni.
D'ailleurs, outre-Manche, Klarna a dû se résoudre à facturer les retards de remboursement (5 livres sterling à partir du 16 mars) pour réduire les impayés et inciter à un comportement plus vertueux. Le groupe suédois tente surtout de prendre un nouveau virage avec sa « super app » comme nouvelle galerie marchande en ligne. Une stratégie qui risque cependant de froisser certains de ses clients partenaires.
Nouvelle directive européenne
Derrière cet océan de pertes, le groupe souligne quelques lueurs pour 2023. Tout d'abord, une forte croissance (+20%) des revenus au quatrième trimestre 2022 à 530 millions de dollars (pour un volume d'affaires de 23,2 milliards de dollars). Du coup, la perte nette trimestrielle a été réduite de 60% à 180 millions de dollars.