La tentation était trop forte pour les pouvoirs publics de donner des gages à une opinion publique choquée par le brusque retour de l'inflation : taxer les « superprofits », en particulier ceux du secteur bancaire. A l'exception du marché bancaire français ou allemand, où la hausse des taux directeurs se transmet beaucoup plus lentement sur le crédit en raison d'une culture du taux fixe, les banques européennes ont largement profité du cycle de resserrement monétaire entamé à partir de 2022 pour reconstituer leurs marges. Résultat, 2022 et 2023 auront été les plus belles années pour le secteur depuis la crise de 2007, avec une rentabilité moyenne des actifs de 0,8% en 2023, soit deux fois plus que pendant les années « d'avant Covid », selon le FMI.
La pression politique est cependant venue gâcher (un peu) la fête. Alors que le secteur bancaire est déjà l'un des plus taxés, près de la moitié des pays de l'Union européenne (12 sur 27) ont mis en place de nouvelles taxes au nom de la lutte contre la flambée des prix. Même en France, où les activités bancaires domestiques sont plombées par l'épargne réglementée et le crédit à taux fixe, l'idée d'une nouvelle taxe revient régulièrement à la surface.