La deuxième banque italienne dépasse les prévisions sur ses résultats 2024 et table sur des résultats similaires en 2025. En revanche, la situation est moins claire sur ses projets d’acquisitions externes en Allemagne et en Italie.C'est un Andrea Orcel, le redoutable PDG d'UniCredit, triomphant qui a présenté ce mardi des résultats annuels records pour 2024. La deuxième banque d'Italie a même pulvérisé toutes les prévisions des analystes en affichant un résultat net de près de 10 milliards d'euros. Certes, le résultat net au quatrième trimestre a baissé de 30 % à 1,96 milliard d'euros, mais il a également dépassé les attentes. Le coût du risque au quatrième trimestre est cependant au-dessus du consensus pour remonter à 33 points de base.
La banque est « extrêmement bien positionnée pour absorber une normalisation des taux d'intérêt », a assuré Andrea Orcel. Elle prévoit, en effet, une baisse « modérée » de sa marge d'intermédiation, la baisse des taux courts devant être en partie compensée par la pentification de la courbe des taux (baisse plus faible des taux longs).
Sur deux fronts
Avec un modèle d'affaires qui repose sur des crédits à taux variable et peu d'épargne rémunérée, UniCredit, comme d'ailleurs toutes les banques italiennes, a profité à plein du cycle de la hausse des taux à partir de la mi-2022. En trois ans, le cours de la banque a grimpé de près de 200 % et Unicredit est désormais valorisée environ 1,3 fois son actif net estimé pour 2025, soit presque deux fois plus que BNP Paribas (0,7 fois l'actif net). Fort de ses bons résultats, la banque soigne ses actionnaires en leur distribuant quelque 9 milliards d'euros, dont 3,6 milliards d'euros sous la forme de rachat d'actions à partir de la mi-2025.
La banque aura en effet besoin du soutien de ses actionnaires alors qu'elle est lancée dans deux opérations hostiles, l'une en Allemagne avec une prise de participation de 28 % dans Commerzbank, l'autre en Italie, avec une offre publique d'échange sur Banco BPM. Autant de projets de croissance externe qui répondent « à des critères stratégiques et financiers stricts et qui améliorent la rémunération des actionnaires », a insisté Andrea Orcel.