BPCE accélère son recentrage en sortant d'Afrique

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Depuis l'arrivée de Laurent Mignon en juin à la direction générale, le recentrage du groupe mutualiste BPCE s'accélère. Deux semaines après avoir annoncé un transfert d'actifs d'ampleur, de 2,7 milliards d'euros, depuis sa filiale Natixis, et le démantèlement du Crédit Foncier, le groupe Banques Populaires Caisses d'Epargne a annoncé ce mardi 25 septembre être entré en négociations exclusives avec le groupe coopératif marocain Banque Centrale Populaire (BCP) en vue de lui céder quatre filiales en Afrique.
BPCE vendrait ainsi ses 68,5 % dans la Banque Internationale du Cameroun pour l'Épargne et le Crédit (BICEC) au Cameroun, ses 71% dans la Banque Malgache de l'Océan Indien (BMOI) à Madagascar, ses 100 % de Banque Commerciale Internationale (BCI) en République du Congo ainsi que ses 60 % dans la Banque Tuniso-Koweitienne (BTK) en Tunisie.
Il connaît bien le groupe marocain : il en détient 4,5 % du capital et siège à son conseil d'administration. Une cérémonie de signature a d'ailleurs eu lieu ce mardi 25 septembre au siège de BPCE à Paris pour entériner la décision du groupe français de retenir l'offre ferme (non chiffrée) du groupe de Casablanca.
Cette acquisition s'inscrit "dans le cadre de sa stratégie d'expansion au Maghreb et en Afrique subsaharienne", précise le groupe marocain :
Ce projet "permettrait aux banques concernées de s'adosser à un partenaire financier et industriel disposant d'une solide expérience dans le domaine bancaire, et en mesure de développer davantage leur activité", font valoir les deux groupes. Il sera soumis aux instances représentatives du personnel "prochainement."
Dans son document de référence 2017, le groupe français précisait que BPCE International, la structure holding de pilotage des participations à l'international et dans le Pacifique ultra-marin, avait "conduit une revue stratégique de la banque de détail à l'international" et que le conseil de surveillance avait lancé "la recherche d'un partenaire pour les cinq banques du réseau de BPCE International en Afrique et dans l'Océan indien".
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BPCE avait indiqué dans ses comptes 2017 que sa filiale internationale avait dégagé un résultat brut d'exploitation en baisse de 12,9 % "reflétant le ralentissement de l'activité à l'international et les charges exceptionnelles liées aux cessions de la Banque des Mascareignes, de la BM Madagascar et de Sky Elite Tour" (projet immobilier au Maroc). Sa contribution au résultat net avait été négative de 67 millions d'euros, "fortement pénalisée par la hausse du coût du risque des filiales à l'international", notamment sur les portefeuilles de crédit en Tunisie, "et l'anticipation de la perte sur cession des titres de la Banque des Mascareignes". La vente de cet établissement implanté à l'île Maurice, également présent à Madagascar, au groupe BCP s'est soldée par une "moins-value de déconsolidation pour 20 millions d'euros" dans les comptes 2017 du groupe BPCE.
A l'issue de ces cessions, BPCE International n'aura plus que ses 99,6 % dans la Banque de Tahiti et ses 96,9 % dans la Banque de Nouvelle-Calédonie en banque de détail à l'international (outre des filiales spécialisées Pramex et Ingepar). La plus importante des Banques Populaires, la BRED, est présente, au-delà de l'Ile-de-France, la Normandie et l'Aisne, outre-mer, essentiellement à la Réunion, à Mayotte, en Guadeloupe, en Martinique et en Guyane. Par ailleurs, Natixis, la filiale cotée de BPCE, est présente depuis 20 ans en Algérie où elle vient de lancer une banque mobile.
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