Caisse des Dépôts : le DG Pierre-René Lemas fait campagne pour rester

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Nommé en mai 2014 à la tête de la Caisse, Pierre-René Lemas espère rester encore deux ans pour aller au bout de son programme à cinq ans.
Nommé en mai 2014 à la tête de la Caisse, Pierre-René Lemas espère rester encore deux ans pour aller au bout de son programme à cinq ans. (Crédits : DC)
L'ex-secrétaire général à l'Elysée de François Hollande, âgé de 66 ans, sera à la retraite de son statut de préfet en août mais veut aller au bout de son mandat jusqu'en 2019. Il met l'accent sur les smart cities et le financement des collectivités locales, se défendant de faire concurrence aux banques.

Offensif : le directeur général de la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC), Pierre-René Lemas, a profité de la présentation ce jeudi des résultats annuels de la Caisse, en forte hausse, pour défendre son bilan et faire campagne pour son maintien à la tête de l'institution publique. Nommé en mai 2014 par François Hollande, en remplacement de Jean-Pierre Jouyet qu'il a lui-même remplacé, Pierre-René Lemas espère rester en place, même si, à 66 ans, il a atteint la limite d'âge.

« Je serai à la retraite de préfet en août prochain. J'ai été nommé pour un mandat de cinq ans, jusqu'en 2019. Il y a deux interprétations, certains disent que je devrais partir. Je me suis projeté sur un programme à cinq ans. Je souhaite pouvoir continuer et aller au bout de mon mandat. Si le nouveau président de la République trouve qu'il faut changer de président de la Caisse des dépôts, je partirai en Corse ! Je n'intrigue pas, j'ai passé l'âge d'intriguer, je n'ai vu personne » a-t-il affirmé.

Une référence à peine voilée à Henri Emmanuelli, le président de la commission de surveillance de la CDC, décédé la semaine dernière, auquel il a rendu hommage. Le député PS des Landes avait déclaré que selon lui, « en tant que préfet détaché à la Caisse des Dépôts, Pierre-René Lemas devrait prendre sa retraite en août 2017. » Marc Goua, député PS du Maine-et-Loire, a été officiellement élu pour le remplacer à la présidence de la commission de surveillance lors d'une réunion mercredi.

« Un des premiers contributeurs du budget de l'Etat »

Le directeur général de la Caisse des Dépôts a tenu aussi à se défendre contre la charge de la Cour des Comptes, qui a publié plusieurs rapports très critiques, sur son fonds d'épargne, sur le financement du logement - et aussi sur sa filiale Bpifrance, sur l'Etat actionnaire et sur l'envolée de ses dépenses de fonctionnement, également épinglée dans l'ouvrage "La Caisse". Il a d'abord fait valoir que la Caisse ne pèse pas sur le budget de l'Etat mais au contraire y participe.

« La Caisse des Dépôts est sans doute l'un des premiers contributeurs, sinon le premier, au budget de l'Etat. Nous avons versé 1,6 milliard d'euros à l'Etat au titre de 2016 (+109%), hors imposition de nos filiales » a-t-il défendu.

« La Caisse des territoires »

Pierre-René Lemas a dénoncé des injonctions contradictoires de la Cour des Comptes (accentuer le financement du logement très social, plus de prêts mieux margés) et réfuté l'idée selon laquelle la CDC créerait « un effet d'éviction » en faisant « une concurrence effrénée » aux acteurs bancaires non publics dans le financement aux collectivités.

« Dites-moi si vous rencontrez un élu qui vous dise qu'il y a un effet d'éviction, alors que nos prêts aux collectivités sont les mieux margés. L'expérience prouve qu'on ne trouve pas si facilement de financements. On ne peut dire en même temps qu'on est trop cher et qu'on fait trop de concurrence. Il n'y a aucune raison que la Caisse ait le monopole du financement des collectivités » a-t-il fait valoir.

Il a rappelé le rôle de la CDC dans le refinancement de la Sfil (la société de financement local, chargée d'aider les collectivités à sortir de leurs emprunts toxiques), après l'effondrement de Dexia.

« La Caisse des dépôts redevient la caisse des territoires, elle doit être un vecteur d'égalité entre les territoires. Nous prêtons aux collectivités aux mêmes conditions, quelle que soit leur taille, de la petite commune du Massif central à la Ville de Paris. Plus de la moitié des prêts ont d'ailleurs été accordés à des communes de moins de 3.000 habitants » a-t-il plaidé.

Caisse CDC smart city

« Un groupe qui innove »

Dans les territoires, la CDC met aussi désormais l'accent sur les villes intelligentes, avec « plusieurs réalisations concrètes » de projets de smart cities comme l'expérimentation d'une impression 3D de logements sociaux à Nantes et la construction d'un bâtiment réversible à Bordeaux. Le directeur général a également évoqué le "verdissement du portefeuille" de participations "en avance" (13 milliards d'euros sur un objectif de 15 milliards à la fin 2017) et la préparation d'une "feuille de route 2 degrés" dans le cadre de la transition énergétique.

C'est l'autre volet de son bilan : la modernisation de l'institution publique bicentenaire, qui gère plus de 60% des encours du Livret A.

« Ce n'est plus la même Caisse. La Caisse des Dépôts doit être un groupe et non un simple conglomérat de participations stratégiques. Et le groupe évolue, innove, épouse son temps. Redéfinition des périmètres des filiales, démarche clientèle, transformation digitale : la Caisse change. Sa caractéristique ce n'est plus l'immobilisme mais l'anticipation. » a déclaré Pierre-René Lemas.

L'argumentaire saura-t-il convaincre le futur président de la République ? Le camp de François Fillon serait tenté par une réattribution des fonctions de gestion des fonds d'épargne au Trésor et des participations cotées à l'Agence des participations de l'Etat (APE). L'entourage du directeur général Pierre-René Lemas se rassure en se disant :

« Si c'est Macron, ils ont travaillé ensemble, à l'Elysée... »

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Commentaires
a écrit le 01/04/2017 à 6:38 :
Pourtant Holand avait bien dit vouloir supprimer les " Niches " et voilà encore un copain qui s'accroche !! Après Le Paon , Chevénement , Imbert ; Moi-je , président : continue , il case les copines !! , ( Julie à l'Elysée ) sans oublier les copains !!!
Fabius nommé au conseil constitutionnel
Le Drian président de région
Marie-Arlette Carlotti. est nommée présidente du Haut Comité pour le logement des personnes défavorisées
» Pierre-René Lemas à la Caisse des dépôts et consignation
Colette Horel, a été nommée pour cinq au poste de conseillère d'État en service extraordinaire en avril 2014.
Mai 2013, Claude Revel, déléguée interministérielle à l'intelligence économique.
En mars 2015, André Martinez est nommé à la présidence d'une filiale de la Caisse des dépôts
Laurent Beauvais a été nommé «conseiller maître en service extraordinaire»
Sans oublier les Thibaut , Ayant appelé à voter François Hollande, ou Saal ,recasée au ministère de la Culture !! ou encore Janaillac , Jeantet ; Mauguin , voici Feltesse !!!! la liste ne peut-être exhaustive vu les planques attribuées en douce ,?
a écrit le 31/03/2017 à 15:47 :
Quel cynisme, c' est sidérant et tout à fait révélateur de ce qui nous ruine jour après jour et des lobbying exercés sans vergogne comme un braquage à visage découvert par les élites auprès des politiques...La dernière phrase est quasiment un avoeu avant le forfait comme une préméditation en droit pénal.
a écrit le 31/03/2017 à 14:35 :
Au delà de la polémique Lemas (perso je serai pour le mettre à la retraite, vu le bilan désastreux d'Hollande et de la gabegie de la CDC, mais bon, passe encore, deux ans de plus on n'est plus à ça près maintenant), je pose la question fondamentale ?
Pourquoi les autres pays n'ont pas l'équivalent de la BPI ?!
Certes dans certains pays, comme en Allemagne par exemple, les Landers sont au capital de certaines entreprises comme pour Volkswagen.
Mais pas dans des centaines d'entreprises comme en France ! Et pour quel résultats, en plus ?!
Que je sache, il n'y a pas de BPI en Belgique, GB, Espagne etc..qui se débrouillent pourtant bien peu que nous !

C'est le refus de la loi Thomas et des fonds de pension plus globalement qui fait qu'on a besoin de la BPI, CDC etc..pour pallier le manque de capitaux privés...

Normal on hypertaxe le capital à 40 % pour le plus values sur titre et les dividendes, sûr et certain qu'une telle fiscalité, sans omettre la CSG et la crds à 15 % tout compris, alourdit encore le tout ...

On n'est pas prêt d'avoir des Fidelity et des Calpers ici, qui éviteraient de brader nos boites aux Qataris et aux chinois ou aux américains, par exemple.

Avec des fonds de pension, on n'aurait pas laissé partir Pechiney chez les Canadiens et Alstom chez les américains...
a écrit le 31/03/2017 à 11:55 :
Pour moi il n'y a qu'un seul critère : il est très bon ou non. Si la réponse est non, ce n'est pas la peine de le garder...
a écrit le 31/03/2017 à 11:42 :
Un endroit il faudrait regarder de plus près et la caisse devrait être rattachée à la banque de France pour ne pas être géré par des politiques . Comme les caisses de retraites gérées par des gens que nous connaissons pas . Il faudra attendre des années pour que quelqu'un veuille bien y mettre de la transparence et on sait bien que sans , un jour nous pourrions être étonnés .

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