Offensif : le directeur général de la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC), Pierre-René Lemas, a profité de la présentation ce jeudi des résultats annuels de la Caisse, en forte hausse, pour défendre son bilan et faire campagne pour son maintien à la tête de l'institution publique. Nommé en mai 2014 par François Hollande, en remplacement de Jean-Pierre Jouyet qu'il a lui-même remplacé, Pierre-René Lemas espère rester en place, même si, à 66 ans, il a atteint la limite d'âge.
Une référence à peine voilée à Henri Emmanuelli, le président de la commission de surveillance de la CDC, décédé la semaine dernière, auquel il a rendu hommage. Le député PS des Landes avait déclaré que selon lui, « en tant que préfet détaché à la Caisse des Dépôts, Pierre-René Lemas devrait prendre sa retraite en août 2017. » Marc Goua, député PS du Maine-et-Loire, a été officiellement élu pour le remplacer à la présidence de la commission de surveillance lors d'une réunion mercredi.
Le directeur général de la Caisse des Dépôts a tenu aussi à se défendre contre la charge de la Cour des Comptes, qui a publié plusieurs rapports très critiques, sur son fonds d'épargne, sur le financement du logement - et aussi sur sa filiale Bpifrance, sur l'Etat actionnaire et sur l'envolée de ses dépenses de fonctionnement, également épinglée dans l'ouvrage "La Caisse". Il a d'abord fait valoir que la Caisse ne pèse pas sur le budget de l'Etat mais au contraire y participe.
Pierre-René Lemas a dénoncé des injonctions contradictoires de la Cour des Comptes (accentuer le financement du logement très social, plus de prêts mieux margés) et réfuté l'idée selon laquelle la CDC créerait « un effet d'éviction » en faisant « une concurrence effrénée » aux acteurs bancaires non publics dans le financement aux collectivités.
Il a rappelé le rôle de la CDC dans le refinancement de la Sfil (la société de financement local, chargée d'aider les collectivités à sortir de leurs emprunts toxiques), après l'effondrement de Dexia.
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité industrielle.

Dans les territoires, la CDC met aussi désormais l'accent sur les villes intelligentes, avec « plusieurs réalisations concrètes » de projets de smart cities comme l'expérimentation d'une impression 3D de logements sociaux à Nantes et la construction d'un bâtiment réversible à Bordeaux. Le directeur général a également évoqué le "verdissement du portefeuille" de participations "en avance" (13 milliards d'euros sur un objectif de 15 milliards à la fin 2017) et la préparation d'une "feuille de route 2 degrés" dans le cadre de la transition énergétique.
C'est l'autre volet de son bilan : la modernisation de l'institution publique bicentenaire, qui gère plus de 60% des encours du Livret A.
À lire également
L'argumentaire saura-t-il convaincre le futur président de la République ? Le camp de François Fillon serait tenté par une réattribution des fonctions de gestion des fonds d'épargne au Trésor et des participations cotées à l'Agence des participations de l'Etat (APE). L'entourage du directeur général Pierre-René Lemas se rassure en se disant :
L’industrie française repasse les 10 % du PIB, mais les usines continuent de fermer
Souveraineté alimentaire et sanitaire : l'État va entrer au capital de l'industriel Eurolysine, menacé par la concurrence chinoise
Engie va supprimer environ 1 000 postes dans ses fonctions support d’ici à 2028
Nucléaire : le Blayais finalise son dossier pour accueillir les réacteurs nouvelle génération