Charbon : BNP Paribas s'engage sur une sortie totale entre 2030 et 2040

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(Crédits : Gonzalo Fuentes)
La première banque européenne arrêtera complètement ses financements au secteur du charbon thermique dans l'UE en 2030 et dans le monde en 2040. BNP Paribas compte aussi investir 3 milliards de plus dans les énergies renouvelables d'ici à 2021.

A la veille de la cinquième édition du Climate Finance Day, qui se tient vendredi 29 novembre au Palais Brongniart, et de la COP 25, organisée à Madrid à partir du 2 décembre, BNP Paribas rehausse ses engagements en faveur du climat. Il y a un an, le ministre de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire, avait enjoint aux banques, assureurs et gérants d'actifs de cesser de financer toute mine ou centrale de charbon. La première banque de l'Union européenne en termes d'actifs et de capitalisation boursière, qui avait déjà cessé tout financement de nouvelle centrale depuis 2017, annonce ce vendredi 22 novembre son calendrier de sortie complète du secteur, une demande pressante des ONG.

« BNP Paribas annonce aujourd'hui sa volonté de réduire à zéro son exposition au charbon thermique à horizon 2030 dans les pays de l'Union Européenne, et à horizon 2040 pour le reste du monde » indique le groupe dans un communiqué.

Soit peu ou prou le calendrier mis en avant par de nombreux défenseurs du climat ou des associations telles que Les Amis de la Terre et Bank Track, qui avaient publié le 14 novembre une note dans laquelle elles demandaient à BNP Paribas de revoir sa politique. Crédit Agricole, qui avait annoncé une nouvelle stratégie climat en juin dernier, s'est fixé 2030 aussi pour une sortie du secteur du charbon en Europe, mais 2040 pour la Chine et 2050 pour le reste du monde. L'ONG Les Amis de la Terre regrette que le cap 2030 de BNP ne concerne que l'UE et non tous les pays de l'OCDE.

« Comme tous les acteurs de l'économie et de la société qui ont pour objectif de contribuer à la nécessaire transition vers un modèle économique moins carboné, BNP Paribas a un rôle à jouer. En tant que banque, nous avons la possibilité, et la volonté, de participer à l'accélération de la transition énergétique en accompagnant nos clients dans cette nécessaire transformation » a déclaré le directeur général de BNP Paribas, Jean-Laurent Bonnafé.

Part du charbon de 20% en 2018

Concrètement, pour BNP Paribas, identifié par les ONG comme « le plus gros financeur français des entreprises qui développent de nouvelles centrales à charbon, avec pas moins de 2,2 milliards de financements accordés à ces entreprises rien qu'en 2019 », ce nouvel engagement s'appliquera aux crédits généraux accordés aux producteurs d'électricité dont une partie de la production demeure basée sur du charbon et l'amènera à « cesser ses relations avec les producteurs qui planifieraient de nouvelles capacités de production à base de charbon ». Ce que les ONG appellent les « expansionnistes ».

La banque de la rue d'Antin indique que « la part du charbon dans le mix électrique des compagnies d'électricité financées par BNP Paribas est passée pour la première fois sous la barre des 20% » en 2018, quand elle s'élève  à 38% dans le mix mondial de production électrique selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE).

Ses nouvelles ambitions en matière de climat se traduiront aussi dans l'investissement avec 3 milliards d'euros de plus dans les énergies renouvelables à horizon 2021, l'objectif précédent de 15 milliards pris en 2015 à horizon 2020 ayant déjà été atteint. La banque s'est hissée au troisième rang mondial avec 2,8 milliards de dollars de financements de projets dans les renouvelables cette année, selon le classement de Dealogic.

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Commentaires
a écrit le 23/11/2019 à 3:18 :
L'argent, c'est le nerf de la guerre.
Bravo BNP !
a écrit le 22/11/2019 à 17:42 :
Si les banques mondiales comme la BNP en France et dans le monde n'investisse plus dans les energies fossiles comme le charbon d'ici à 2030 c'est que notre monde peut devenir plus vert, plus protecteur de l'environnement, plus ecologique : le charbon est une ressource qui produit trop de CO2 pour l'atmosphère et qui est plus impropre à être utilisé comme energie non renouvelable fossile. Oui notre filière nucléaire a encore de l'avenir et elle ne produit pas de CO2 pour l'atmosphère que des déchets nucléaires radioactifs. Il faut penser le monde de 2050 ou la part de la consommation energétique sera encore plus importante, plus de pétrole ? plus d'electricité ? Donc que les banques mondiales verdissent et trouvent des financements plus ecologistes est une très bonne chose pour la planète. Non le charbon n'est pas l'avenir de l'énergie dans le monde !!!

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