Charbon : BNP Paribas AM va désinvestir près d'un milliard d'euros

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(Crédits : Pixabay / CC)
La filiale de gestion d'actifs de la banque française a annoncé l'exclusion des entreprises générant plus de 10% de leur revenu dans l’extraction du charbon thermique ou représentant 1% ou plus de la production mondiale. Cette politique, qui entrera en vigueur le 1er janvier 2020 et affectera environ moins de 0,25% de son portefeuille d'actifs, est un pas symbolique salué par l'ONG des Amis de la Terre.

Après la Caisse des dépôts en décembre dernier et l'européen Candriam en septembre, c'est au tour de BNP Paribas Asset Management d'annoncer de nouvelles mesures pour réduire son exposition au charbon. La filiale de gestion d'actifs de la banque française a indiqué ce jeudi 14 mars qu'elle allait renforcer sa politique d'exclusion du secteur, en désinvestissant des entreprises dites "carbo-intensives". Concrètement, cette politique, qui entrera en vigueur à partir du 1er janvier 2020, consiste à bannir les placements dans les producteurs de charbon ainsi que les producteurs d'électricité gros émetteurs de CO2.

« BNPP AM exclura les entreprises qui génèrent plus de 10% de leur revenu dans l'extraction du charbon thermique et/ou qui représentent 1% ou plus de la production mondiale. Cette limite de production mondiale permettra d'identifier les entreprises dont le chiffre d'affaires lié au charbon est inférieur à 10%, mais qui sont néanmoins responsables d'une part significative de la production totale de charbon thermique », explique le gestionnaire d'actifs dans un communiqué.

Le désinvestissement impliqué par cette décision représentera moins de 0,25% de ses actifs totaux, précise le gestionnaire d'actifs, qui annonce des encours de 399 milliards d'euros à fin décembre 2018, ce qui pourrait ainsi atteindre un milliard d'euros.

« Les producteurs d'électricité ayant une intensité carbone supérieure à la moyenne mondiale de 2017, soit 491 g Co2/kWh, seront également exclus », précise également BNPP AM.

Perspectives incertaines du secteur du charbon

La nouvelle politique « accordera une exception aux producteurs de charbon thermique et aux producteurs d'électricité carbo-intensifs qui prennent des engagements crédibles » de réduction de leurs expositions au charbon afin de respecter l'Accord de Paris sur le climat adopté à l'issue de la COP21. Une démarche à la fois de développement durable et d'investisseur avisé :

« Du point de vue de l'investisseur, les perspectives de l'industrie du charbon semblent incertaines à mesure que les énergies renouvelables prennent de l'ampleur » a fait valoir le responsable monde de la recherche durable de BNPP AM, Mark Lewis. « Les renouvelables gagnent du terrain dans la production d'électricité par rapport aux énergies fossiles. Dans certaines régions où les conditions sont favorables à l'éolien et au solaire, le coût de construction de nouvelles capacités est en réalité inférieur à celui des centrales fossiles existantes. Cette tendance va se poursuivre dans le futur », estime-t-il.

La décision du gestionnaire d'actifs « s'inscrit pleinement dans [la] démarche initiée par le groupe » BNP Paribas, qui a pris une série de mesures à partir de 2015 afin que « ses activités de financement et d'investissement dans le secteur de l'énergie évoluent en ligne avec les objectifs de l'Accord de Paris pour maintenir le réchauffement climatique nettement en dessous du seuil de 2°C ».

La maison-mère avait pris de nouveaux engagements à l'automne 2017, notamment sur les gaz de schiste. L'ONG Les Amis de la Terre, qui avait applaudi les mesures annoncées à l'époque, a salué cette nouvelle décision, en appelant cependant à encore plus d'efforts.

« BNP Paribas Asset Management montre clairement la voie à ses concurrents mais aussi au groupe BNP Paribas qui continue de financer le dérèglement du climat via ses prêts et services financiers au secteur du charbon. BNP Paribas doit s'aligner sur les meilleures pratiques de ces filiales et acter l'arrêt de tous soutiens aux développeurs de nouvelles centrales à charbon », a déclaré Lucie Pinson, des Amis de la Terre France.

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Commentaires
a écrit le 14/03/2019 à 16:02 :
C'est un bon début mais si on part de ce constat il y en a un gigantesque que l'on ne pourra pas s'éviter: "Chaque année, la Chine consomme plus de 4 milliards de tonnes de charbon, soit 50% de la consommation mondiale. " https://www.planetoscope.com/Source-d-energie/1036-consommation-de-charbon-en-chine.html

Donc désinvestir dans le charbon ok mais si c'est pour continuer de faire des affaires avec le méga premier consommateur de charbon du monde et lui acheter des produits qui ont été fabriqué par le charbon, quel intérêt ?

J'ai du mal à suivre la logique si ce n'est celle d'une énième fumisterie.

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