Compta en mode data : Supervizor lève 3 millions d'euros

Supervizor audit gastines clot
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Vous connaissiez sans doute la Fintech, les LegalTech et voici poindre dans un univers connexe l'AuditTech, la réinvention du contrôle de la comptabilité par la technologie. La startup parisienne Supervizor veut devenir la référence de ce jeune secteur, à l'aide de sa « technologie unique », à base de machine learning (apprentissage automatique), qui a « digéré plus de 40.000 comptabilités différentes », explique le cofondateur et responsable de la R&D, Cyrille de Gastines.
La jeune pousse, qui revendique 250 clients, représentant 5.000 sociétés (filiales comprises) utilisant sa solution d'autocontrôle comptable et fiscal, annonce ce jeudi sa première levée de fonds, de 3 millions d'euros, auprès de la société de capital-investissement Odyssée Venture.
Le logiciel de Supervizor (installé dans les serveurs du client et non en mode cloud pour la confidentialité des données) est loué sous licence à un tarif variant en fonction du chiffre d'affaires de l'entreprise, soit 200 euros par mois pour une PME de 10 millions d'euros et 2.000 euros par mois pour une ETI de 500 millions d'euros. La startup assure avoir dans ses références aussi bien des PME que du CAC 40, grands groupes de médias, marques de luxe, ou une coopérative laitière de 5 milliards d'euros de chiffre d'affaires.
Supervizor se défend d'être « un outil pour les fraudeurs » mais assure vouloir participer à « une relation apaisée entre l'administration fiscale et les entreprises », en donnant à celles-ci les moyens de se contrôler elles-mêmes, de détecter aussi bien les erreurs involontaires que les comportements frauduleux qui pourraient entraîner un désagréable redressement fiscal.
Les dirigeants de la startup, qui ont eux-mêmes une longue expérience de l'audit et du conseil, affirment que « les acteurs classiques, commissaires aux comptes, experts-comptables, avocats fiscalistes, sont dépassés » par les nouvelles méthodes de l'administration fiscale (fichier des écritures comptables, appelé FEC, à transmettre au contrôleur depuis 2014, nouvelle procédure à distance sorte de « cybercontrôle fiscal » depuis 2017, usage d'algorithmes sophistiqués de data mining pour disséquer la comptabilité des entreprises). Ils font valoir que leur logiciel a détecté des erreurs même dans des comptes certifiés par de grands cabinets.
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La startup travaille avec « un grand groupe allemand du Dax 30 » (l'indice des valeurs vedettes de la Bourse de Francfort) et se rendra en juin à un grand salon professionnel pour prospecter. Le marché de la digitalisation de la fonction finance commence à se développer : la jeune pousse allemande Smacc (compta à la sauce IA) avait levé 3,5 millions d'euros en juin 2016 auprès de Cherry Ventures, Rocket Internet notamment. Dans le même temps, les Big Four multiplient les investissements en intelligence artificielle, KPMG travaille avec IBM Watson par exemple.
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