Dette : les taux plongent à des niveaux historiquement bas

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(Crédits : Dado Ruvic)
Vers 10h40 GMT, le taux d'intérêt sur la dette américaine à dix ans se détendait à 0,461%, soit une baisse de trente points de base, après avoir chuté jusqu'à 0,323% un peu plus tôt, le plus bas de son histoire. Le taux français à dix ans s'enfonçait de son côté un peu plus en territoire négatif, à -0,394% contre -0,352% à la précédente clôture.

Les taux d'intérêt sur la dette des pays réputés sûrs, États-Unis et Allemagne en tête, chutaient lourdement ce lundi, faisant office de refuge pour les investisseurs échaudés par un nouveau vent de panique sur les places financières après un plongeon des cours du pétrole.

Vers 10h40 GMT (11h40 à Paris), le taux d'intérêt sur la dette américaine à dix ans se détendait à 0,461%, soit une baisse de trente points de base, après avoir chuté jusqu'à 0,323% un peu plus tôt, le plus bas de son histoire. Le taux d'intérêt évolue en sens opposé à celui du prix des obligations.

Fait rare, l'ensemble des rendements de la dette américaine évoluaient sous la barre de 1% lundi après le passage sous ce niveau du taux de la dette à trente ans. Ce niveau de maturité évoluait à 0,872% après être passé sous le seuil symbolique de 1% dans la soirée de dimanche.

"Aversion au risque"

"On observe une aversion au risque très forte" sur le marché de la dette, fait observer Hubert Lemoine, directeur des investissements chez Schelcher Prince Gestion, interrogé par l'AFP.

Autres valeurs refuge pour les investisseurs, le taux allemand à dix ans cotait -0,851% en fin de matinée, en baisse de treize points de base, et celui à trente ans -0,497%, deux nouveaux plus bas historiques.

Le taux français à dix ans s'enfonçait de son côté un peu plus en territoire négatif, à -0,394% contre -0,352% à la précédente clôture, après avoir touché un plus bas à -0,402% en milieu de matinée.

Les investisseurs se réfugiaient vers ces actifs réputés peu risqués alors que les places financières connaissaient un nouveau lundi sombre: à Paris, le CAC dégringolait de 6,56%, à Francfort le Dax perdait 6,52% et à Londres 6,43%.

Chute des cours du pétrole

Ces chutes spectaculaires surviennent dans le sillage de l'écroulement des cours du pétrole après que des discussions entre l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et ses alliés, principalement la Russie, ont échoué vendredi.

La décision de l'Arabie Saoudite d'entrer dans une guerre des prix avec la Russie, après le refus de cette dernière de participer à une nouvelle baisse des quotas de production lors de la réunion la semaine dernière, a conduit les cours du pétrole à dévisser de plus de 30%, soit une chute observée en 1991 au moment de la guerre du Golfe.

Lire aussi : Pétrole: ton univers impitoyable !

À l'inverse, le taux d'intérêt sur la dette de certains pays périphériques de la zone euro se tendait, à l'instar du taux italien à dix ans qui évoluait à 1,260% soit une hausse de 19 points de base par rapport à la précédente fermeture.

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a écrit le 09/03/2020 à 16:28 :
Logique, pour sortir des choix de spéculation, rien de vaut les taux bas puisque cela permettra par la dette de faire payer les gens.....

Techniquement, comme ce fut le cas dans le passé, a la fin c'est le même discours ou comment faire payer la masse des gens pour des aléas que les riches n'ont jamais assumé !

Comme ce fut le cas pendant toutes les premières républiques......

Trop fort, sauf si l'on garde son argent hors du système économique, vous paierez !
a écrit le 09/03/2020 à 13:21 :
"On observe une aversion au risque très forte"

LOL !

Déjà faut être d'une stupidité inimaginable pour spéculer sur de la dette hein même si c'est certainement la preuve la plus forte du fait que notre économie soit oligarchique, cupidité et stupidité s'entendant comme larrons en foire.

"Ça fait 500 ans que les banques existent elles ne sont pas prêtes de disparaître" ai-je lu ici même, phrase tellement juste même si c'est bien dommage, de ce fait l'économie réelle sera toujours menacée par leur profonde aliénation.
Réponse de le 09/03/2020 à 15:10 :
ce n'est pas tant que les gens spéculent sur la dette, c'est juste qu'il mettent leurs économies en 'sécurité'. Dans les pays où le système de retraite est à capitalisation, les gens cotisent chaque année dans des fonds pour financer leur vieux jour. Au Canada, la saison de cotisation au RRSP vient juste de se terminer la semaine passée. Ces individus (employés, artisans…) se font conseiller de ne pas investir leur placement annuel en bourse et d'attendre la fin du creux. Or puisque c'est la période de cotisation, beaucoup mettent donc leur argent dans des fonds garantis ou des fonds obligataires (en bref, des dette d'états, d'entreprises…) en attendant de modifier leurs placements. C'est cela que l'auteur nomme 'l'aversion au risque' qui prédomine actuellement.
Réponse de le 09/03/2020 à 15:18 :
J'ajouterais que tous ses employés n'ont pas tellement le choix de placer leur argent en cette saison. Au Canada, en saison de RRSP, les placements dans vos fonds de retraite permettent le retour de l'impôt cotisé à la source lors de la déclaration fiscale. Ne pas cotiser en cette période revient à louper la déduction fiscale de l'année, une grosse perte pour les familles. Toute l'Amérique du nord fonctionne ainsi (au moins). Une autre option est de souscrire aux fonds de pensions gérés par les syndicats canadien (si si, ça existe!). Cela vous intéresserait surement, ils placent l'argent des travailleurs dans les entreprises locales pour soutenir l'économie réelle et les emplois.
Réponse de le 09/03/2020 à 16:36 :
Oui, en 1925 la banque France spéculait contre le franc, pour facilité les évasions des capitaux afin de faciliter les possesseurs de capitaux !

Le transfert du respect s'est fait entre le pouvoir du curé et celui du banquier...

Nous avons la même chose actuellement en gestation ...
Réponse de le 09/03/2020 à 18:03 :
@ Multipseudos le bien nommé:

"ce n'est pas tant que les gens spéculent sur la dette, c'est juste qu'il mettent leurs économies en 'sécurité"

Je ne connais aucun petit épargnant investissant dans une dette, d'ailleurs si on leur en parle ils vont dire que c'est n'importe quoi, que c'est encore une fake news.

C'est un business de gros qui pèse encore et toujours plus sur les états affaiblissant toujours plus nos politiciens obligés de toujours plus leur donner de blé en plus de l'évasion fiscale qui a ravagé l'économie.

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