En mal de croissance, le Crédit Coopératif réaffirme son engagement pour l’économie réelle
Juliette Raynal

Photo d'illustration
Reuters
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Un bénéfice net en hausse, mais un repli marqué des revenus. Le Crédit Coopératif, membre du groupe BPCE, affiche ce jeudi 5 mars des résultats financiers en demi-teinte pénalisés par la fin d'une lourde migration informatique et un environnement persistant de taux bas, qui rognent ses marges d'intérêt.
Dans les détails, la banque a enregistré un bénéfice net consolidé de 37,5 millions d'euros, en hausse de 3,4% par rapport à 2018. En revanche, son Produit net bancaire (PNB), peu ou prou l'équivalent du chiffre d'affaires, s'élève à 374,3 millions d'euros, en baisse de 5,3% sur un an.
Le Crédit Coopératif, qui tire la grande majorité de ses revenus (environ 80%) auprès des entreprises et des acteurs de l'économie sociale et solidaire, explique également cette baisse par l'impact d'une migration informatique d'ampleur, ayant pris fin à la mi-2019.
Profitant d'une plateforme informatique mutualisée avec d'autres établissements du groupe BPCE, la banque table sur une diminution de ses charges annuelles de 10 à 15 millions d'euros.
En 2019, le Crédit Coopératif a également perdu des clients, tombant à 436.224 contre 443.889 en 2018. Cette chute s'explique en grande partie par la fermeture de comptes inactifs et par le regroupement d'acteurs de l'ESS. Sur ce terrain, la banque est aussi de plus en plus concurrencée par d'autres établissements. "Nous étions sur un terrain conquis, nous devons désormais faire nos preuves tous les jours", reconnaît le dirigeant. A cela s'ajoute le développement de néobanques dédiées aux PME, à l'image de Qonto qui a récemment levé 104 millions d'euros.
Pour faire la différence, le Crédit Coopératif entend renforcer son engagement "pour l'économie réelle et la transition". Concrètement, la banque souhaite renforcer son action dans les territoires en repensant son modèle coopératif et en impliquant davantage ses sociétaires.
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Elle prévoit aussi d'augmenter ses capacités d'accueil et de services pour ses clients et prospects, en modernisant les 70 implantations de son réseau et en développant le concept d'e-agences, avec l'ouverture prochaine d'une plateforme téléphonique à Rennes. Concernant la clientèle de particuliers, qui ne représentent aujourd'hui que 20% des revenus, l'objectif est de doubler leur nombre à l'horizon 2025.
Le Crédit Coopératif veut également être identifié comme un acteur de la finance durable. Dans cette optique, il vient de lancer un nouveau prêt "à impact", visant à inciter les entreprises et les associations à améliorer leur démarche sociale et environnementale. L'atteinte de certains critères définis lors de la souscription du prêt, permet alors une diminution du taux d'intérêt de 0,10%.La banque espère en commercialiser quelques dizaines en 2020.
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Malgré cette batterie d'initiatives, l'établissement ne s'attend pas à une amélioration de ses revenus l'année prochaine, alors que l'environnement de taux bas devrait perdurer et que les conséquences économiques liées à l'épidémie du coronavirus demeurent encore floues. "Nous nous préparons à une augmentation du coût du risque", reconnaît la banque. Elle étudie actuellement comment accompagner ses entreprises clientes qui pourraient se retrouver dans les semaines à venir en difficultés en leur accordant notamment des latitudes de paiements.
Juliette Raynal
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