La néobanque pour PME Qonto boucle une levée record de 104 millions d'euros

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Qonto, qui emploie 200 collaborateurs aujourd'hui, entend en compter 300 d'ici à la fin de l'année.
Qonto, qui emploie 200 collaborateurs aujourd'hui, entend en compter 300 d'ici à la fin de l'année. (Crédits : Qonto)
Après l'appli de paiement Lydia, c'est au tour de la néobanque pour PME Qonto d'accueillir à son capital le géant chinois Tencent lors d'un tour de table supérieur à 100 millions d'euros, une première pour une startup de la finance en France. Grâce à cette levée de fonds XXL, Qonto entend accélérer son développement européen et obtenir une licence d'établissement de crédit. Elle vise plus de 130.000 entreprises clientes à l'horizon fin 2020, contre 65.000 aujourd'hui.

Qonto signe la plus grosse levée de fonds de la Fintech française. La néobanque pour PME officialise, ce mardi 21 janvier, un tour de table de 104 millions d'euros. Cette opération porte le montant total des fonds levés depuis sa création, il y a presque quatre ans, à 136 millions d'euros. C'est la première fois qu'une startup tricolore du monde de la finance finalise une augmentation de capital supérieure à 100 millions d'euros. Le record était jusqu'à présent détenu par la startup Wynd (72 millions d'euros), à cheval entre le monde de la distribution et celui des paiements, avec comme principaux actionnaires Natixis (BPCE) et Sodexo.

Outre son montant, cette levée de fonds est aussi significative de part l'identité des nouveaux investisseurs. Le tour de table est en effet mené par deux grands noms internationaux: le géant chinois Tencent, derrière l'application WeChat Pay et son milliard d'utilisateurs, et DST Global, le fonds du milliardaire russo-israélien Yuri Milner. Qonto est donc la deuxième Fintech tricolore, après l'appli de paiement entre amis Lydia il y a quelques jours, à faire entrer Tencent à son capital.

Des investisseurs réputés et avisés

Le fonds de Peter Thiel, Valar, et le fonds français Alven, investisseurs historiques de la néobanque, participent également à cette augmentation de capital. Qonto s'est par ailleurs entourée de deux business angels avisés avec Taavet Hinrikus, le fondateur de Transferwise, Fintech britannique valorisée 3,5 milliards de dollars, et Ingo Uytdehaage, le directeur financier d'Adyen, la Fintech néerlandaise cotée en Bourse, qui vaut plus que Natixis.

"Avoir à votre capital des investisseurs mondiaux qui ont accompagné des sociétés qui ont grandi très vite est un véritable atout. Au-delà de Qonto, cette levée de fonds est un très bon signal pour l'écosystème de la Fintech française. Il faut toutefois rester humbles et réalistes. Car, si 104 millions d'euros représentent un très gros montant, cette levée serait passée presque inaperçue aux Etats-Unis où cela est beaucoup plus courant", relativise Alexandre Prot, directeur général et cofondateur de Qonto, aux côtés de Steve Anavi.

Devenir une "vraie" banque européenne

Grâce à cette augmentation de capital, Qonto entend devenir une néobanque européenne. La startup, qui revendique avoir séduit 65.000 PME en France, en Italie, en Espagne et en Allemagne, entend au moins doubler son nombre de clients d'ici la fin de l'année. Elle prévoit également de développer de nouvelles fonctionnalités autour du paiement, en proposant à ses clients de payer avec Apple Pay et Google Pay, par exemple.

Si des développements logiciels sont aussi prévus, l'accent sera porté sur de nouvelles offres autour du crédit.

"Nous voulons répondre aux besoins en découvert de nos clients, leur proposer une carte à débit différé ou encore des lignes de crédit pour qu'ils puissent acheter une camionnette par exemple ou refaire un restaurant", expose Alexandre Prot.

Une partie des fonds levés sera donc allouée à l'exigence en fonds propres requis pour obtenir une licence d'établissement de crédit. Un agrément que Qonto, aujourd'hui établissement de paiement, souhaite décrocher auprès de l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) d'ici la fin de l'année.

Les PME, un marché plus lucratif que celui des particuliers

Alors que de nombreuses néobanques, comme Nickel (détenue par BNP Paribas), l'allemande N26 ou encore la britannique Revolut, visent les particuliers, Qonto a été la première en France à se concentrer sur les PME et professionnels. Un marché non négligeable (la France compte 3,8 millions de PME, microentreprises incluses) et en croissance (67.115 entreprises ont été immatriculées en janvier 2019, un record depuis le début des années 2.000 selon les données de l'Insee).

Depuis, une batterie d'acteurs se sont lancés sur ce créneau, à l'image de Shine (plus de 50.000 clients), Manager One et Anytime. Ou comptent se lancer très prochainement, comme Margo Bank et Prismea, soutenue par Crédit du Nord (groupe Société Générale). Leur promesse: faciliter le quotidien des entrepreneurs et des dirigeants d'entreprises, qui ne bénéficiaient pas jusqu'à présent des mêmes innovations que les particuliers.

Outre ce "trou dans la raquette", le marché des professionnels apparaît plus lucratif que celui des particuliers, les premiers étant plus enclins à payer pour bénéficier de certaines fonctionnalités leur permettant de gagner en productivité. Le produit net bancaire (PNB, soit la valeur ajoutée créée par l'activité d'une banque) d'un client professionnel actif avoisinerait 2.500 euros, soit cinq fois le PNB moyen d'un particulier, selon une étude d'Exton Consulting. Qonto, qui ne communique pas le montant exact de son chiffre d'affaires, aurait ainsi multiplié par quatre ses revenus en l'espace d'un an.

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