Les 100 premiers jours de Donald Trump en 10 graphiques
Agathe Perrier, Julien Gouesmat, Margot Ruault, Marius Bocquet

Donald Trump a fait son retour à la Maison-Blanche le 20 janvier.
LTD/Drago/Pool/Sipa USA/Reuters
Agathe Perrier, Julien Gouesmat, Margot Ruault, Marius Bocquet

Donald Trump a fait son retour à la Maison-Blanche le 20 janvier.
LTD/Drago/Pool/Sipa USA/Reuters
Cela fait 100 jours que Donald Trump a fait son retour à la Maison-Blanche ce mardi 29 avril. Droits de douane, décrets, guerre en Ukraine... Le président américain a multiplié les déclarations chocs, entre invectives, annonces fracassantes et revirements soudains depuis le 20 janvier. Un retour sur les faits marquants de ce début de mandat, et leurs conséquences, en 10 graphiques.
Donald Trump a dégainé le stylo plus vite que son ombre depuis le début de son mandat. Pas moins de 139 décrets déjà signés - un record historique. Le républicain n'a pas hésité à faire table rase de nombreuses actions menées par ses prédécesseurs. Dès son investiture, il a ainsi révoqué 67 décrets de l'administration Biden. Depuis, la majorité de ses décrets visent à démanteler des programmes fédéraux (près de la moitié, selon un décompte de l'AFP). D'autres à engranger des faits d'armes dans la bataille culturelle qui polarise le pays (plus du quart du total) ou à prendre sa revanche sur certains de ses adversaires (environ un cinquième).
La cote d'approbation de Donald Trump n'a cessé de baisser durant ses trois premiers mois au pouvoir. La semaine dernière, plusieurs sondages, dont celui de Gallup, ont placé les cotes d'approbation de Trump en dessous de celles de son prédécesseur Joe Biden - et même des précédents présidents Barack Obama et George W. Bush. Bien que dans le rouge, la courbe reste à un niveau légèrement supérieur par rapport au même stade lors de son premier mandat.
Depuis 100 jours, le S&P 500 ne fait qu'osciller. Les points culminants, pire comme meilleur, ont été atteints début avril, dans les jours qui ont suivi l'annonce des droits de douane réciproques par Donald Trump, puis sa volte-face une semaine plus tard. Les analystes s'interrogent néanmoins si le plus dur est passé, ou reste à venir.
Ces deux valeurs refuges concurrentes sont mises à mal par la guerre commerciale menée tambour battant par le président américain. Depuis l'arrivée au pouvoir de Donald Trump, le cours du dollar ne cesse de se déprécier face à l'euro. Il a perdu -8,3 % en 100 jours. La dernière fois qu'il a été à un si bas niveau par rapport à la monnaie unique européenne remonte à février 2022.
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Du côté des bons du Trésor américain à 10 ans, ils ont enregistré de grands mouvements dans les deux sens, là aussi tout particulièrement les jours qui ont suivi l'annonce des droits de douane réciproques. Une fluctuation qui a montré une perte de confiance du marché dans les actifs américains, selon l'analyste George Saravelos, de la Deutsche Bank.
Phénomène technique et temporaire ou « vote de défiance plus large envers la dette souveraine américaine » ? Pour Stephen Innes, du cabinet SPI AM, « peu importe » car la conclusion reste la même : l'ancien mode de fonctionnement consistant à acheter du dollar et des obligations en temps de crise « ne fonctionne plus » d'après lui.
Si il y a bien une chose que les marchés détestent, c'est l'instabilité. L'indice Vix mesure la volatilité des actions consécutive à de l'instabilité. Il est surnommé « l'indice de la peur ». En cas de trop grandes incertitudes et de trop grandes peurs, particuliers et investisseurs se tournent vers la valeur refuge par excellence : l'or. Cette fois, cette dernière a atteint des valeurs records.
Avec d'imposants droits de douane, difficile d'imaginer un commerce mondial en hausse et des croissances importantes de chaque côté du globe. Au contraire, les prévisions baissières pour les croissances des principales puissances mondiales font craindre une baisse de la demande en pétrole. Cette baisse de la demande, conjuguée à une augmentation de la production par les pays de l'Opep ainsi qu'une incitation de Donald Trump au forage (« Drill,baby,drill ») ont fait chuter le prix du baril de pétrole.
Pour la première fois depuis début novembre et l'élection de Donald Trump, le bitcoin est tombé sous la barre des 75 000 dollars le 7 avril. Washington avait pourtant annoncé un mois plus tôt l'établissement d'une réserve stratégique de bitcoins alimentée par quelque 200 000 bitcoins saisis par la justice américaine dans des affaires civiles et pénales. Mais le marché s'est montré déçu qu'aucune politique d'achats publics de cryptomonnaies ne soit prévue dans l'immédiat aux États-Unis.
Donald Trump a annoncé la mise en place des droits de douane réciproques pour le 9 avril...avant de les suspendre. Entre son annonce et la date attendue d'entrée, les Américains ont saisi l'occasion pour acheter des véhicules, après avoir repoussé cet achat. En effet, après une violente baisse des ventes de 22 % entre l'élection de Donald Trump et son investiture, le nombre de véhicules vendus pour 100 000 habitants a atteint le niveau record de 4,81. Du jamais vu depuis la fin de la pandémie de Covid 19 en mars 2021.
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L'action de Tesla s'est effondrée depuis l'investiture de Donald Trump. Et pour cause, son patron, Elon Musk, s'est rapproché du président américain dont il est désormais un proche conseiller chargé de réduire les dépenses fédérales. Le cours de l'action Tesla a également subi plusieurs baisses importantes en raison de l'effondrement des ventes depuis plusieurs mois dans de nombreux pays, en particulier en Europe de l'Ouest.
Agathe Perrier, Julien Gouesmat, Margot Ruault, Marius Bocquet