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Le veto de Bruxelles est une "douche froide pour l'Europe", selon Dominique Cerutti

christèle Fradin

Publié le 01 février 2012 à 14:26 - Mis à jour le 01 février 2012 à 14:30

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Dominique Cerutti, le numéro 2 de Nyse Euronext, ne cache pas sa déception suite au veto opposé par Bruxelles au projet de fusion avec Deutsche Börse. Il explique à "La Tribune", qu'un recours devant la Cour européenne de Justice n'est pas exclu.

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Quelques heures après le verdict de la Commission européenne, c'est la déception qui prime au sein de Nyse Euronext. « Nous nous y attendions, mais sommes malgré tout déçus », confie à « La Tribune » son directeur général adjoint, Dominique Cerutti. « C'est une douche froide pour l'Europe qui aurait pu voir émerger un leader mondial avec un centre de gravité européen ». Nyse Euronext et Deutsche Börse avaient pourtant tenté, dans un courrier aux commissaires européens en date du 13 janvier dernier, de faire valoir les mérites européens de la fusion, tant du point de vue de l'intégration des marchés et du coût du financement pour les entreprises, que de celui de la régulation. « La société issue de la fusion, en donnant plus de poids aux marchés transparents, aurait été le bras armé des régulateurs », argue le dirigeant. « L'Europe et les marchés le regretteront, je le crains ».
Le sentiment de frustration planait déjà depuis quelques semaines, au sein des équipes en charge de défendre le dossier. « Nous aurions pu comprendre n'importe quel argument fondé, mais pas cette définition étriquée du marché pertinent retenue par la Commission », explique Dominique Cerutti. Sur le segment des produits dérivés, la direction de la concurrence a en effet décidé de retenir un périmètre restreint : celui des échanges réalisés sur les seuls marchés réglementés européens. De fait, Nyse Euronext et Deutsche Börse concentrent à eux deux plus de 90% du marché pertinent.
Exclu un recours devant la Cour européenne de justice ? Pas encore. « Nos avocats, de part et d'autres, sont en train d'analyser cette possibilité et nous attendons leur recommandation très prochainement », poursuit le numéro 2 de Nyse Euronext. Pour autant, l'opérateur boursier est lucide. Un recours prendra du temps. Surtout, il n'est pas question ici de faire revenir Bruxelles sur sa décision. En un peu plus de vingt ans, Bruxelles a rejeté 22 fusions, rappelle aujourd'hui l'AFP. Dans trois cas, la Cour européenne de justice a annulé après coup son veto.
« Nous ne pensons pas changer l'avis de la Commission s'agissant de notre projet de fusion. Un appel, s'il était décidé, serait surtout une manière de démontrer la pertinence de notre définition des marchés dérivés », indique à « La Tribune » Dominique Cerutti. « Même CME Group [l'opérateur des marchés à terme américains, ndlr] a convenu que nos marchés étaient mondiaux. Quant aux banques, elles reconnaissent qu'une vaste majorité des contrats échangés de gré à gré sont standardisables ». Autrement dit, qu'ils pourraient être potentiellement compensés et échangés sur un marché réglementé. Pour Dominique Cerutti, la Commission n'a surtout pas tenu compte, lors de son test de marché, du fait que les clients des opérateurs boursiers peuvent également être leurs concurrents. « 14 banques, majoritairement anglo-saxonnes, contrôlent à elles seules 82% du marché mondial des dérivés, en prenant en compte à la fois les échanges de gré à gré et ceux réalisés sur les marchés réglementés », rappelle-t-il.

christèle Fradin

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