Nyse Euronext-Deutsche Börse : la fin d'un rêve

Le verdict est tombé. La Commission européenne a décidé d'interdire la fusion de Nyse Euronext et Deutsche Börse, qui aurait créé, selon elle, un quasi monopole dans les dérivés.

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Nyse Euronext-Deutsche Börse : la déception. La Commission européenne vient de rendre sa décision : la fusion des deux opérateurs boursiers n'aura pas lieu. Bruxelles a en effet décidé de l'interdire. Nyse Euronext et Deutsche Börse avaient annoncé leurs fiançailles le 9 février, dévoilant une opération valorisant Nyse Euronext à 9,5 milliards de dollars. Les actuels actionnaires de Deutsche Börse devaient obtenir 59 à 60% du capital du nouvel opérateur boursier fusionné et ceux de Nyse Euronext 40 à 41%.

Ensemble, les deux groupes représentaient 4,1 milliards d'euros de chiffres d'affaires (sur la base des comptes 2010) et un résultat opérationnel de 2,1 milliards d'euros. Les chiffres les plus élevés du secteur. Ces revenus étant expliqués à 37% par les activités de trading et de compensation sur produits dérivés, à 29% par la négociation sur actions, à 20% par les activités de règlement livraison et enfin à 14% par la ventes de données de marché et de systèmes de négociation.

Mais c'est la première activité, celle sur les dérivés et la compensation qui a scellé le sort de ce projet défendu jusqu'au dernier jour par les dirigeants des deux groupes, Reto Francioni et Duncan Niederauer, même si ce dernier n'a pas caché la semaine passée qu'il n'avait plus qu'une « lueur d'espoir » quant au verdict de la commission européenne. Ensemble, Deutsche Börse et Nyse Euronext concentrent en Europe plus de 90% des échanges de produits dérivés sur les marchés réglementés.

Les intéressés ont bien tenté de convaincre la direction générale de la concurrence pour qu'elle adopte une définition du marché pertinent - ce marché sur lequel Bruxelles juge si une fusion donnera lieu ou non à une position dominante -. Nyse Euronext et Deutsche Börse considéraient que cette définition devait être large, compte tenu des échanges réalisés aujourd'hui hors bourse (de gré à gré) et de la concurrence internationale. Sans succès. Le 13 janvier encore, Reto Francioni et Duncan Niederauer avaient adressé un courrier à Jose Manuel Barroso et à l'ensemble des commissaires européens, appelés à se prononcer en collège, pour mettre en avant les mérites de leur rapprochement, en termes de régulation et d'intégration des marchés. En vain.

Reste à savoir ce qui a réellement motivé cette décision : la volonté d'éviter effectivement d'éventuels abus de position dominante ou l'ambition de casser des silos, ces groupes réunissant l'ensemble des activités de la chaine, de la confrontation des ordres jusqu'au règlement livraison en passant par la compensation. "Si nous regroupons deux Bourses concurrentes (...) et nous lions des activités de trading avec des activités de post-marché, établissant ainsi un silo, de sérieux problèmes de concurrence apparaissent", a averti vendredi dernier Joaquin Almunia, le commissaire en charge de la Concurrence. Pour Bruxelles, Nyse Euronext et Deutsche Börse auraient représenté un quasi monopole, justifie la commission dans un communiqué. "De nouveaux concurrents auraient peu de chances de parvenir à s'imposer suffisamment sur le marché pour constituer une menace concurrentielle crédible pour l'entité issue de la concentration". Quant aux concessions proposées, aux engagements pris, "ils ne suffisaient pas pour résoudre les problèmes de concurrence constatés".

Les deux promis ont donc entamé des discussions pour mettre un terme à leur accord de rapprochement et Nyse Euronext a indiqué qu'il entendait poursuivre sa stratégie de développement, seul. Et pour laisser aux actionnaires une perspective positive, la Bourse transatlantique a promis de reprendre son programme de rachat d'actions, lequel portait sur 550 millions de dollars.

Les marchés financiers ont pris acte de la décision de Bruxelles. Alors qu'il progressait de 2,27% juste avant l'annonce du verdict, le titre Deutsche Börse est brutalement retombé.

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Commentaires 7
à écrit le 02/02/2012 à 15:30
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Des recours devraient permettre de redéfinir cette posture de la Commission. comme d'habitude, on fait n'importe quoi et ensuite ... on refléchit.

à écrit le 01/02/2012 à 20:22
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Les bourses de cotations sont trop importantes pour rester des entités privées. Il faut nationaliser, arrêter la cotation en continue et mettre en place des cotations au fixing pour stopper la spéculation. La valeur des entreprises ou des risques ne ...

à écrit le 01/02/2012 à 19:25
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je prefere qu'il en soit ainsi -

à écrit le 01/02/2012 à 18:46
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"...la fin d'un rêve...": Que croyez-vous???? Avec cette fusion, la place de Paris aurait été completement morte et déserte.

le 01/02/2012 à 21:46
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tout-a-fait Ben

à écrit le 01/02/2012 à 16:27
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On ne sait si la Commission a voulu punir nos cousins germains de leur arrogance économique ailleurs oubien les préserver d'une déconfiture annoncée des Bourses traditionnelles, jugeant que point trop n'en faut et qu'il sera déjà incommode de rincer ...

à écrit le 01/02/2012 à 14:59
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Pensez à payer vos factures, impossible d'accéder au site la tribune depuis ce matin....

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