Avec ou sans la Grèce, il faudra bien arrêter les comptes 2011

Si certaines sociétés ont exceptionnellement retardé leurs arrêtés de comptes 2011, attendant l'issue des négociations sur la deuxième aide internationale à la Grèce, la grande majorité des sociétés financières boucleront leurs comptes malgré l'incertitude.

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La période de publication des résultats annuels 2011 commence à battre son plein. Pourtant, certaines sociétés n'ont toujours pas arrêté leurs comptes... Ainsi, Groupama ne le fera que le 15 mars au lieu du 15 février, suspendant entre autres cette validation à l'issue des négociations sur l'aide à la Grèce. Selon les commissaires aux comptes, le cas de l'assureur vert reste néanmoins une exception sur le marché. "Les calendriers des émetteurs sont restés les mêmes et il n'y aura pas d'évolution sensible cette année concernant les échéances. Les sociétés ont généralement anticipé les principaux sujets d'actualité dans la période de pré-clôture des comptes", explique Jean-Luc Barlet, associé chez Mazars.


Un processus qui ne peut pas être suspendu à des négociations


Les comptes sont en effet clôturés au 31 décembre, puis arrêtés par les conseils. Pour les sociétés anonymes, organisées en directoire et conseils de surveillance, la date butoir de l'arrêté des comptes est le 30 mars. Et pour les sociétés à conseil d'administration, la limite est fixée à la fin du mois d'avril. Dans la plupart des établissements financiers, les conseils d'arrêtés de compte se tiennent d'ailleurs cette semaine ou la semaine prochaine.
Sachant qu'ensuite, les résultats sont présentés aux actionnaires qui peuvent être réunis en assemblée générale jusqu'au 30 juin. "La clôture des comptes, leur arrêt par les conseils et leur approbation, est une suite de processus qui ne peut pas être suspendue à des négociations. Même si les sociétés sont dans l'incertitude, elles doivent arrêter leurs comptes annuellement", précise Laurent Inard, associé chez Mazars.


Le taux de décote le plus approprié


Cette année, se pose le problème du niveau de décote sur les obligations grecques à intégrer dans les comptes. Alors que les négociations avec les créanciers privés n'ont toujours pas abouti, la décote pourrait être encore supérieure à celles engagées précédemment, soit 70% contre 21% en juillet et 50% en octobre. "En ce qui concerne la Grèce, les sociétés ont déjà intégré des estimations de leurs positions selon les instruments qu'elles détiennent. Et elles s'alignent sur ce qu'elles considèrent comme le taux de décote le plus approprié", déclare Jean-Luc Barlet.


Donner des hypothèses clés


L'Autorité des marchés financiers (AMF) avait prévu les difficultés que pourrait occasionner la crise financière et économique que les entreprises ont connue l'an dernier. "L'AMF demande d'indiquer dans le document de référence l'exposition à chaque zone géographique et de donner les hypothèses clés avec ses impacts potentiels sur les comptes. Les sociétés donneront donc des hypothèses de variance selon différents scénarii dans les notes annexes", ajoute Jean-Luc Barlet.
Et dans sa recommandation (n°2011-16) en vue de l'arrêté des comptes 2011, l'AMF ajoute : "Comme dans nos recommandations 2008, nous rappelons que dans ce cadre, il est utile de présenter une information sur les pertes latentes non reconnues à la clôture par types d'instruments financiers (actions cotées, actions non cotées, obligations privées, bons du trésor/OAT, etc.), en précisant les durées pendant lesquelles cette situation est observée, afin d'appréhender les enjeux à la date de clôture".

"L'incertitude fait partie de la vie des affaires"


2011 n'est pas la première année pour laquelle les sociétés financières doivent arrêter leurs comptes sans avoir tous les éléments en main. "L'incertitude fait partie de la vie des affaires. Lors de la tempête de 1999, qui a eu lieu en décembre, les assureurs n'avait pas tous les éléments pour chiffrer définitivement le montant des sinistres à indemniser. Malgré tout, les calendriers d'arrêtés n'avaient pas été modifiés. En matière d'incertitude, c'est l'information fournie qui constitue l'élément important", conclut Laurent Inard.
 

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