Goldman Sachs à nouveau rattrapée par le scandale Galleon

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Raj Rajaratnam, fondateur du fonds Galleon Copyright Reuters
Raj Rajaratnam, fondateur du fonds Galleon Copyright Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2011. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Selon le "Wall Street Journal", un banquier de la grande banque d'affaires américaine est soupçonné d'avoir participé au vaste réseau de délits d'initié qu'avait mis en place le fonds d'investissements fondé par Raj Rajaratnam.

Goldman Sachs n'en a toujours pas fini avec le scandale Galleon, dans lequel elle n'est pourtant pas directement impliquée. Selon le "Wall Street Journal", les autorités américaines enquêteraient en effet sur le rôle tenu par Matthew Korenberg, l'un des banquiers d'affaires de la firme. Il est soupçonné d'avoir fourni des informations confidentielles sur des futures opérations de rachat dans le domaine de la santé à des salariés de Galleon, un fonds d'investissement qui avait mis en place un gigantesque réseau d'informateurs.

Ce système de délit d'initiés a déjà débouché sur de nombreuses condamnations, dont celle du fondateur du fonds, Raj Rajaratnam. Au terme d'un procès très médiatique, il avait été reconnu coupable des 14 chefs d'inculpation qui pesaient à son encontre, avant d'être condamné, fin 2011, à 11 années de prison, une peine record aux Etats-Unis pour une affaire de délit d'initiés. L'accusation lui reprochait d'avoir acheté et utilisé des informations privilégiées sur des sociétés cotées (Intel, Google et AMD...) lui permettant d'engranger quelques 65 millions de dollars en Bourse.

L'une de ces informations portait sur l'investissement de 5 milliards de dollars dans Goldman Sachs réalisé en septembre 2008 par Warren Buffett. Prévenu quelques heures avant l'annonce officielle, l'investisseur avait alors empoché un gain estimé à un million de dollars. Le mois suivant, Raj Rajaratnam était au courant, avant tout le monde, que la prestigieuse banque d'affaires allait publier la première perte trimestrielle depuis son introduction en Bourse. Sa source: Rajat Gupta, qui siégeait à l'époque au conseil d'administration de la firme. Rattrapé par la justice américaine, son procès s'ouvrira le mois prochain à New York.

Le patron de Goldman à la barre

L'implication de Rajat Gupta dans ce scandale avait débouché sur l'appel à la barre de Lloyd Blankfein, le PDG de Goldman Sachs, en mars 2011 lors du procès de Raj Rajaratnam. Cela faisait alors plus de 20 ans qu'un grand patron de Wall Street n'avait plus été cité comme témoin dans une affaire criminelle. Lloyd Blankfein pourrait à nouveau être appelé par l'accusation.

Basé à San Francisco, Matthew Korenberg aurait communiqué des informations à un salarié de Galleon sur plusieurs acquisitions. Comme celle d'Advanced Medical Optics par Abbott en 2009 et celle d'APP Pharmaceuticals par Fresenius en 2008. Dans ces deux dossiers, Goldman Sachs officiait comme banque conseil des sociétés rachetées. Une fois ces deux opérations officialisées, Galleon avait revendu les actions achetées quelques jours plus tôt, dégageant ainsi une importante plus-value.

"Nous sommes au courant de ces accusations depuis plus de deux ans, nous les avons étudiées et coopérons entièrement avec les autorités fédérales", a expliqué Goldman Sachs dans un communiqué, précisant que Matt Korenberg, que les autorités n'ont pas encore inculpé, "restait un employé actif de la banque". Les enquêteurs n'ont "encore rien trouvé, a indiqué l'avocat du banquier. Tout simplement parce qu'il n'a jamais communiqué des informations confidentielles". Deux autres anciens de Goldman, Henry King et David Loeb, sont également dans le viseur des autorités.

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