FSI : ses investissements dans les biotechs illustrent son rôle ambigu

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e FSI entend réaliser deux à trois investissements par an, dans les biotechnologies, pour un montant total de 50 millions d'euros environ.Copyright Reuters
e FSI entend réaliser "deux à trois investissements par an", dans les biotechnologies, pour un montant total de 50 millions d'euros environ.Copyright Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2010. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Les 30 millions d'euros injectés dans Novasep relèvent davantage du sauvetage que de l'investissement dans une start-up prometteuse.

Faire émerger les champions de demain, favoriser la concentration d'entreprises pour leur permettre d'atteindre une taille critique, protéger le capital de sociétés stratégiques de prédateurs étrangers. Telles sont, en substance, les trois missions du FSI (fonds stratégique d'investissement), rappelées par son directeur général, Jean-Yves Gilet, lors de la présentation de sa stratégie d'investissement dans la pharmacie et les biotechnologies, mardi. Reste que le FSI semble plutôt jouer les pompiers, ces derniers mois. Si sa prise de participation de l'ordre de 15 millions d'euros dans le fabricant de patchs contre les allergies DBV Technologies, à la mi-mars, s'inscrit bien dans son rôle de financement des PME innovantes, il en va en revanche tout autrement pour son investissement dans Novasep.

Une société en butte à 400 millions d'euros de dettes

Fin mars, le fonds souverain à la française a injecté la somme rondelette de 30 millions d'euros dans cette société lorraine, spécialisée dans la purification de molécules actives complexes, et prise à la gorge par une dette de 400 millions d'euros. Un sauvetage qui n'est pas sans rappeler celui du fabricant de chariots Caddie, le mois dernier, ou bien encore, plus récemment, celui de la société de systèmes de transports Lohr.

On est bien loin de la mission consistant à "apporter des fonds propres pour financer des projets industriels novateurs et audacieux (...), stabiliser le capital d'entreprises qui ont un avenir, qui disposent de savoir-faire et de technologies clefs et qui pourraient être des proies tentantes", mission assignée par Nicolas Sarkozy, alors président de la République, au FSI, lors de sa création en décembre 2008.

Nicox a perdu près des trois quarts de sa valeur en trois ans

Ce grand écart entre la mission initiale du FSI et certaines de ses prises de participation pose la question de la rentabilité de ses investissements et, donc, de l'utilisation des deniers publics, le FSI étant détenu à 49% par l'Etat et à 51 % par la Caisse des dépôts. Une question qui se pose également lorsque le FSI investit dans des sociétés en bonne santé mais présentant un risque structurel. Là encore, les biotechnologies, avec le risque réglementaire, font figure de triste exemple. En 2009, le FSI avait investi 25 millions d'euros dans Nicox. Manque de chance, quelques mois tard, les autorités américaines de la santé refusent d'homologuer son anti-inflammatoire phare. Résultat, le cours de Bourse a dévissé de 72%, au cours des trois dernières années.

"Nous avons été un peu [voire beaucoup ; Ndlr] critiqués en raison du risque pris sur Nicox", reconnaît Thomas Devedjian, membre du comité exécutif du FSI. "Mais, plus nous faisons des investissements, plus nous pouvons espérer mutualiser les risques et les succès", poursuit-il. Dans cette perspective, le FSI entend réaliser "deux à trois investissements par an", dans les biotechnologies, pour un montant total de 50 millions d'euros environ.
 

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a écrit le 20/06/2012 à 9:06 :
Incompétent par nature dans le domaine économique, l'Etat démontre une nouvelle fois qu'il est incapable de gérer quoi que ce soit, surtout pas un fonds d'investissement. Le FSI va continuer à investir en pure perte selon des amitiés, des réseaux, des renvois d'ascenseur, du clientélisme politicien plutôt qu'en fonction de critères économiques objectifs. Tout cet argent, qui par ailleurs fait défaut aux véritables entrepreneurs situé hors des cercles du pouvoir, est gâché. N'oublions pas que s'il ne reste que 30% de l'endettement initial, les classes moyennes devront quand même rembourser 100% de ce qui a été emprunté au départ. Pendant ce temps, le chômage et la dette continuent leur progression inexorable et l'économie française poursuit sa lente désintégration vers une situation de récession structurelle de long terme. Combien de temps faudra-t-il avant que les politiciens ne comprennent leur incompétence ? Combien de malheur supplémentaires la France devra-t-telle supporter avant que les hauts fonctionnaires n'abandonnent leur pouvoir néfaste ? Laissez faire, laissez passer, les gars, vous n'avez pas d'autre choix !
Réponse de le 20/06/2012 à 14:11 :
Entierrement d'accord, OSEO est un hyper spécialiste de l'argent donné à flots selon des amitiés, des réseaux, des renvois d'ascenseur, du clientélisme politicien plutôt qu'en fonction de critères économiques objectifs.
a écrit le 20/06/2012 à 6:43 :
Jouer au Monopoly avec l'argent des contribuables, voilà le principal travail de l'UMPS.

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