Financement aéronautique : comment rouvrir les vannes ?
Laura Fort
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Pas de visibilité sur les commandes d'un côté, moins de réponse favorable aux demandes de financement de l'autre. Voilà les raisons principales du rapprochement de la Fédération bancaire française (FBF) et du Groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales (GIFAS). Aucun accord contraignant n'a été scellé pour l'instant, mais les deux fédérations ont décidé de faire cause commune.
Des commandes sur six mois
Il s'agit pour les deux parties de faire un pas en avant pour débloquer la situation dans laquelle se trouvent aujourd'hui les fournisseurs et sous-traitants des constructeurs aéronautiques. Jusqu'à maintenant, ils pouvaient prétendre à des commandes fermes de trois mois de la part de leurs maîtres d'?uvre. Le GIFAS va désormais préconiser aux constructeurs de signer des commandes de six mois à leurs fournisseurs. Ce qui devrait rendre les banques plus enclines à prêter. Car celles-ci étaient amenées à refuser d'octroyer des financements, justement par manque de visibilité sur l'activité des PME du secteur et de leur carnet de commandes.
La FBF fera quant à elle passer le message à ses adhérents pour soutenir la filière. Dans un communiqué, Frédéric Oudéa son président déclare que "les banques françaises sont mobilisées pour financer les PME, notamment dans le secteur de l'aéronautique, qui a des perspectives de croissance".
Banquiers et industriels du secteur souhaitent par ailleurs avoir "une meilleure connaissance réciproque des contextes de chaque profession". Ils devraient ainsi partager leurs données et leurs points de vue concernant les besoins en fonds de roulement des entreprises de la filière aéronautique, et les conditions de financement et le contexte financier dans lequel les banques travaillent.
Tendance à la réduction du financement aéronautique
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Cette déclaration de bonnes intentions s'inscrit, depuis le deuxième semestre 2011, dans une tendance de réduction de cette activité pour les banques françaises. Le financement aéronautique est en effet un financement de long terme, pénalisant dans le cadre de la réforme Bâle 3, et qui demande de mobiliser des ressources importantes en dollars, ressource devenue rare et chère.
Société Générale a ainsi annoncé la réduction de cette activité l'an dernier. Sa banque de financement et d'investissement se dit cependant toujours "impliquée dans le financement du secteur aéronautique à travers le conseil, l'origination et la structuration d'opérations avec un focus sur les solutions faisant appel aux marchés de capitaux". Et BNP Paribas poursuit son activité de financement aéronautique, mais a délaissé le segment de l'aviation d'affaires.
Par conséquent, certains avionneurs ont commencé à requérir les services de banques américaines et asiatiques, qui grappillent donc des parts de marché aux banques françaises, jusqu'alors présentes sur environ un tiers des deals mondiaux.
Laura Fort
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